Mickaël Wamen, de la CGT Goodyear, le 7 janvier 2014
Mickaël Wamen, de la CGT Goodyear, le 7 janvier 2014 - Thibault Camus/AP/SIPA

« Inacceptable » pour la CGT, « choquant » pour le député Yann Galut (PS), « ignoble » pour le député André Chassaigne (FG) : les réactions n’ont pas tardé après la condamnation inédite de huit ex-salariés de Goodyear à Amiens ce 12 janvier.

Les salariés ont déjà annoncé leur intention de faire appel de la peine de 24 mois de prison avec sursis dont neuf mois fermes dont ils ont écopé, pour la séquestration de deux cadres de leur usine de pneus, en janvier 2014.

« Je m’y attendais, mais en même temps on a trouvé la décision très injuste », a réagi Jassan Boukri, l’un des prévenus.

« Obtenir une réquisition d’apaisement »

Leurs soutiens vont plus loin. Ainsi, selon l’AFP, la fédération PS de la Somme a demandé à la ministre de la Justice Christiane Taubira d’intervenir auprès du parquet « pour ce cas particulier », afin de « revoir cette décision choquante pour obtenir une réquisition d’apaisement ».

Dans le système judiciaire français la garde des Sceaux, est en effet la supérieure des procureurs de la République, auxquels elle peut transmettre ses instructions.

« Le Gouvernement a voulu faire de nous exemple »

Sur son compte Twitter, Jean-Luc Mélanchon met, lui, directement en cause Christiane Taubira.

Le député européen (PG) reproche visiblement à la ministre d’avoir laissé le procureur maintenir les poursuites, malgré le retrait des plaintes déposées par la direction de Goodyear. Ce retrait de plainte faisait suite à un accord de sortie de crise signé le fin janvier 2014 avec les syndicats. Les salariés avaient alors obtenu une amélioration des conditions du plan social accompagnant la fermeture de l’usine, avec 1.173 emplois supprimés.

Reynald Jurek, l’un des huit salariés condamnés, est amer : « Le Gouvernement a voulu faire de nous exemple. Et dire aux gens “Faites attention si vous vous battez pour votre boulot, regardez ce qui peut vous attendre”. »

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