Xavier Bertrand pendant son discoursaprès son élection à la tête du conseil régional Nord-Pas-de-Calais-Picardie
Xavier Bertrand pendant son discoursaprès son élection à la tête du conseil régional Nord-Pas-de-Calais-Picardie - Denis Charlet/AP/SIPA

Le sujet a animé les débats le 4 janvier, lors de la première séance du Conseil régional Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Majorité LR-UDI et opposition FN se sont finalement accordées autour d’une baisse d’indemnité des élus régionaux de l’ordre de 5 %.

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La baisse est calculée par rapport au plafond auquel les élus auraient pu prétendre dans la nouvelle grande région. Mais l’économie est en trompe l’œil. En réalité, par rapport au mandat précédent, les élus picards, eux, gagneront davantage que lors du mandat précédent. La facture totale diminue, mais pas là où on l'attendant. Explications.

Une baisse, quelle baisse ?

Le plafond des indemnités est calculé en fonction de la taille des régions. La nouvelle grande région dépassant allègrement le cap des 3 millions d’habitants, les indemnités maximales des simples élus étaient fixées par la loi à 2.661,03 euros par mois, et à 3725,44 euros pour l’un des 15 vice-présidents. La baisse de 5 % décidée le 4 janvier les ramène respectivement à 2.527,98 euros et 3.539,17 euros par mois.

-Les élus du Nord-Pas-de-Calais, dont le territoire comptait déjà plus de trois millions d’habitants avant la fusion, voient bien leur indemnité diminuer d’un mandat à l’autre. Même sans fusion, ils pouvaient prétendre à l’indemnité maximale prévue par la loi. Pour le contribuable, cela représente une économie mensuelle de 15.221 euros, vice-présidents compris.

-Pour les élus de Picardie, dont la collectivité, seule, comptait 1.886.000 habitants avant le 1er janvier, l’indemnité maximum eût été de 1.900,73 euros (et 2.661,03 pour un vice-président) sans la fusion. Les 60 conseillers régionaux issus de Picardie (y compris le président Xavier Bertrand) toucheront donc finalement 33 % de plus que le montant prévu sans la fusion. De ce point de vue, le regroupement Nord-Pas-de-Calais-Picardie coûte 39.137 euros par mois en plus.

-Heureusement, la facture totale est plus que compensée par la disparition de 15 fonctions de vice-présidents, qui représente 24.577 euros d’économie par mois.

Finalement, le bilan de la fusion sur le coût des élus est bien bénéficiaire, mais d'un tout petit 661 euros par mois. L'honneur est sauf.

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