Une procédure alerte enlèvement a été déclenchée après la disparition d'un enfant de 5 ans mercredi après-midi à Roubaix (Nord) qui a été vu pour la dernière fois lors d'une braderie "à côté d'un homme inconnu", a indiqué la direction centrale de police judiciaire.
Une procédure alerte enlèvement a été déclenchée après la disparition d'un enfant de 5 ans mercredi après-midi à Roubaix (Nord) qui a été vu pour la dernière fois lors d'une braderie "à côté d'un homme inconnu", a indiqué la direction centrale de police judiciaire. - AFP

Retour sur l'enlèvement d'Enis.

La disparition

Enis, 5 ans, a disparu à Roubaix mercredi, peu après 14h. Il jouait dans une rue, près de son domicile, où se déroulait une braderie. Son père , employé dans un snack, travaille. «Moi je n'étais pas là. Mais il y avait ma mère à la maison. Quand je suis arrivé du travail chez moi vers 14h20, je n'ai pas vu mon fils. J'ai demandé à ma mère, elle m'a dit qu'il était devant (la maison), mais comme il n'y était pas, j'ai été inquiet. J'ai cherché partout dans la braderie mais je ne l'ai pas trouvé. Alors j'ai appelé la police», a déclaré Mustafa Kocakurt, le père d'Enis. «Mon fils n'est pas méfiant», a-t-il ajouté.

Le plan Alerte enlèvement est déclenché dans la soirée, vers 22h. Enis et son ravisseur sont retrouvés vers minuit dans un box fermé que l’homme louait à Roubaix. L’enfant est «en bonne santé». Il est conduit à l'hôpital.

L’enlèvement

Le témoignage d’un chauffeur de taxi permet d’en apprendre davantage sur l’enlèvement. D’après lui, le ravisseur l’appelle mercredi matin, vers 10h, pour être conduit à la braderie, qui se déroule à une cinquantaine de mètres de la maison de l'enfant. Vers 14h30 le taxi est de nouveau appelé par ce client, qui cette fois n'est plus seul, mais est avec Enis.

«J'ai trouvé un peu suspect qu'il soit avec un enfant parce qu'il m'avait dit qu'il vivait seul dans un garage de manière assez marginale raconte le chauffeur. Mais l'enfant lui tenait la main, il n'avait pas peur, il était en toute confiance avec lui. C'est ça qui m'a rassuré, surtout l'enfant qui répondait (à son ravisseur). Il (l'homme) l'appelait par son prénom».

Enis «rigolait», «j'avais l'impression qu'ils se connaissaient depuis longtemps. L'enfant n'a jamais manifesté le moindre souci, jamais demandé d'appeler ses parents, de rentrer chez lui», affirme-t-il encore. C'est en entendant à la radio à 22 l'annonce d'alerte-enlèvement qu'il reconnaît la description de ses passagers, appelle au commissariat de Roubaix et conduit les policiers au garage.

Le ravisseur

Le chauffeur de taxi décrit le ravisseur comme un «marginal, un peu comme Francis Heaulme» mais gentil et avec une «voix douce». «Il n'a jamais eu de comportement agressif, jamais des propos tendancieux vis-à-vis des enfants», affirme-t-il.

En réalité, l’homme, âgé de 61 ans, est un délinquant sexuel récidiviste. Il a déjà été condamné en 1975 à 15 ans de réclusion criminelle pour attentats à la pudeur sur mineurs. En 1985, il écope de  4 ans de prison pour des faits identiques et en 1989 à 27 ans de réclusion criminelle, dont deux tiers de sûreté, pour viol sur mineur de 15 ans. Il a été libéré le 2 juillet après avoir effectué toute sa peine, selon la vice-procureur de la République du tribunal de Lille, Valérie Courtalon, lors d'une conférence de presse, jeudi.

Il était placé «sous le régime de la surveillance judiciaire» à compter de sa libération du centre pénitentiaire de Caen, le 2 juillet, jusqu'en décembre 2013, a-t-elle expliqué.
Selon la magistrate, le ravisseur présumé plusieurs obligations, qu’il n’a pas respectées, dont celles «de répondre aux convocations du juge d'application des peines (JAP), de prévenir de tout déplacement et de toute installation hors de la région considérée, et de s'abstenir de tout contact avec des mineurs.»

Nicolas Sarkozy tiendra lundi une réunion ministérielle pour examiner les mesures à prendre pour empêcher la récidive en matière d'agressions sexuelles, selon l'Elysée.

Le Premier ministre François Fillon, ainsi que les ministres Rachida Dati (Justice), Michèle Alliot-Marie (Intérieur) et Roselyne Bachelot (Santé) participeront à cette réunion.

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