« Ma fille n’acceptait plus d’être soignée par notre dentiste, même pour un simple détartrage ». Michel est le père d’une jeune femme handicapée. Depuis quelques mois, il a découvert le secteur handicap adulte de l’unité dentaire du CHRU de Lille.

Installé au rez-de-chaussée de la faculté de chirurgie dentaire de Lille-2, un service reservé aux polyhandicapés a été créé en 2012 grâce au travail actif d’Ajmal Panchoo. Originaire de l’île Maurice, ce praticien s’est spécialisé dans la lutte contre la douleur.

Un appareil révolutionnaire

« Je suis épaté de voir la prise de confiance de ma fille depuis qu’elle est soignée ici », avoue Michel, qui vient de Lomme. D’autant que les équipes soignantes bénéficient depuis peu d’un appareil révolutionnaire en test : le Métro Dolorys.

« Cet appareil évalue la douleur de quelqu’un qui ne peut s’exprimer et nous permet d’adapter le soin. On aimerait bien l’acquérir définitivement. », explique le Dr Panchoo. « Le CHRU de Lille en possède déjà 40 dans d'autres services », explique Fabien Pagniez, président de Mdolorys Medical System, déjà implanté dans 44 pays.

« Elle attrape des fous rires »

L’originalité de ce service, c’est qu’on ne pratique pas l’anesthésie générale systématique pour les personnes handicapées, comme c’est le cas dans la plupart des cabinets. « Avant elle était endormie tout le temps et elle appréhendait d’aller chez le dentiste », témoigne Michelle. Avec sa fille Bénédicte, handicapée mentale, elle vient exprès de Nœux-les-Mines. La jeune fille plaisante volontiers avec l’étudiant qui l’examine. « La difficulté maintenant, c’est que parfois, elle attrape des fous rires pendant les soins », sourit Michelle.


Extrait du film « Humanitude » d’Abdé Kéta par 20Minutes

Cette situation ravit Ajmal Panchoo. « J’ai découvert le polyhandicap lors d’un stage d’aide soignant dans une maison d’accueil spécialisée, raconte-t-il. S’occuper de ce type de personne apporte beaucoup. » Arrivé à Lille pour ses études en 2001, il a mené une thèse sur la prise en charge des patients adulte porteur de handicap.

Kinés et ergothérapeutes

« On travaille avec un kiné sur le toucher massage pour soulager la douleur et avec des ergothérapeutes », explique-t-il. Autre spécificité du service : une quinzaine d’étudiants interviennent pour apprendre et seront capables de prendre eux-mêmes en charge les soins ailleurs.

Deux fois par semaine, une vingtaine de patients souffrant de handicap et de mal de dents peuvent venir se faire soigner dans ce qui est, pour l’instant, un des seuls centres à fonctionner de cette manière avec des étudiants en France. C'est d'ailleurs pourquoi il fait l'objet d'un documentaire, baptisé Humanitude, tourné par un vidéaste lillois.

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