Xavier Bertrand: «Les allocataires du RSA qui veulent que rien ne change ne doivent pas voter pour moi»

RÉGIONALES Le candidat Les Républicains - UDI aux régionales en Nord-Pas-de-Calais - Picardie dévoile un coin de son programme…

Olivier Aballain

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Xavier Bertrand dans son local de campagne a Calais, le 18 septembre 2015. Credit:Sarah ALCALAY/SIPA

Xavier Bertrand dans son local de campagne a Calais, le 18 septembre 2015. Credit:Sarah ALCALAY/SIPA — SIPA

C’est l’un des thèmes principaux de la campagne des régionales. Avec un taux de chômage de 13 % en Nord-Pas-de-Calais et 11,6 % en Picardie, le retour à l’emploi fait partie des priorités des candidats nordistes. Pour 20 Minutes, Xavier Bertrand, candidat Les Républicains (LR) - Union des démocrates et indépendants (UDI) détaille sa proposition sur l’accompagnement des allocataires du RSA (Revenu de solidarité active).

Vous avez annoncé vouloir développer l’accompagnement des allocataires du Revenu de solidarité active (RSA). Comment comptez-vous procéder ?

Je veux enfin mettre du contenu au « A » de RSA. Il y a 300.000 foyers allocataires en Nord-Pas-de-Calais - Picardie. Dès le mois de janvier, je veux que la région propose aux bénéficiaires du RSA une activité, par exemple dans une entreprise d’insertion, ou une formation réelle de retour à l’emploi.

L’accompagnement et la gestion du RSA n’est-elle pas une compétence des départements ?

La région est l’acteur de référence en matière de formation et d’emploi. C’est la région qui finance, donc je propose qu’elle s’occupe de cet accompagnement. Nous signerons des conventions en ce sens avec les conseils départementaux. J’ai déjà l’accord de principe de quatre des cinq départements, ce qui représente les trois quarts des allocataires. Pour l’instant c’est plus difficile avec le Pas-de-Calais, qui est dirigé par le parti socialiste.

Quels moyens comptez-vous allouer à cet accompagnement ?

Nous allons réorienter, par territoire, les moyens existants. Quand un habitant de l’Avesnois veut faire une formation de pâtissier et qu’il n’y en a qu’une, à Arras, comment fait-il ? Pour sortir les gens de l’assistanat, il faut à la fois proposer du sur-mesure par bassin d’emploi, et prévoir une aide à la mobilité. Le sur-mesure est indispensable pour les personnes les plus éloignées de l’emploi.

Ces offres de formation ou d’emploi seront-elles obligatoires ?

Je ne sais pas combien de personnes vivent volontairement dans l’assistanat, et je ne veux pas mettre tout le monde dans le même sac. Simplement, la loi prévoit qu’on peut suspendre le versement du RSA à quelqu’un qui refuse deux offres raisonnables d’emploi ou de formation. Ce sera aux départements d’appliquer la règle.

Moi, ce que je dis aux allocataires, c’est qu’on va enfin s’occuper d’eux. Si certains veulent que rien ne change, il ne faut pas qu’ils votent pour moi. Ce qui est insupportable dans le système français, c’est de signer un chèque aux gens, de leur verser une indemnité pour les laisser à l’écart.