Les décombres de l'immeuble du Raza Plaza, au Bangladesh, le 25 avril 2013.
Les décombres de l'immeuble du Raza Plaza, au Bangladesh, le 25 avril 2013. - A.M. Ahad/AP/SIPA

Le groupe Auchan est de nouveau visé par une plainte, deux ans après le drame qui avait coûté la vie à 1.135 ouvriers du textile dans l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza, au Bangladesh. Trois associations accusent le géant de la grande distribution de « pratiques commerciales trompeuses ».

Ce mercredi midi, Marie-Laure Guislain, avocate pour l’association Sherpa, accompagnée par les représentantes de Peuples solidaires et du collectif Ethique sur l’étiquette, a déposé une plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d’instructions du tribunal de Lille.

Un « grand écart » entre éthique et réalité ?

« Par cette action en justice, nous voulons dénoncer le grand écart entre les engagements éthiques du groupe Auchan, qui se targue d’être un discounter responsable, et la réalité des conditions de travail dans les usines [au Bangladesh] », explique l’avocate. Dans les décombres des ateliers de confection du Rana Plaza, des étiquettes « In Extenso », la marque textile d’Auchan, avaient été retrouvées. Le groupe s’était alors défendu en se disant victime de « sous-traitance sauvage ».

Ces trois mêmes associations avaient intenté une action contre Auchan, en avril 2014, dont l’objet était déjà la dénonciation de « pratiques commerciales trompeuses ». Une enquête préliminaire avait été diligentée par le parquet de Lille pour aboutir à un classement sans suite de la plainte, en janvier 2015.

Nouveaux éléments

Aujourd’hui, les plaignants estiment avoir assez de nouveaux éléments pour étayer une seconde plainte : « Les audits d’Auchan, qui sont produits au rapport d’enquête, montrent qu’Auchan aurait dû être alerté sur les conditions de fabrication de ses produits », déclare Marie-Laure Guislain. En décembre 2014, Sherpa s’est rendue dans plusieurs usines de sous-traitants d’Auchan, au Bangladesh. « Là-bas, nous avons recueilli des preuves et des témoignages qui pourraient confirmer ce grand écart entre les engagements éthiques d’Auchan et la réalité », assure l’avocate. Les associations espèrent que leur action débouchera sur l’ouverture d’une instruction judiciaire, une procédure qui pourrait durer « un a deux ans » selon elles.

Dans un communiqué, publié ce mercredi, Auchan affirme « ne pas comprendre les motivations et les méthodes » des associations. La direction du groupe souligne que « l’entreprise a renforcé ses dispositifs de contrôles sur le terrain dans les usines de ses fournisseurs ».

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