La sortie du tribunal des prévenus et des témoins. De gauche à droite: Julien Dubois, élu (EELV), Mallory Fossard, Alessandro Di Giuseppe, la magistrate Laurence Blisson et le professeur des écoles Alexandre Baret.
La sortie du tribunal des prévenus et des témoins. De gauche à droite: Julien Dubois, élu (EELV), Mallory Fossard, Alessandro Di Giuseppe, la magistrate Laurence Blisson et le professeur des écoles Alexandre Baret. - G. Durand / 20 Minutes

Ce procès, ils le souhaitaient presque. Deux membres du collectif des Déboulonneurs lillois comparaissaient, ce mardi devant le tribunal correctionnel de Lille, pour dégradation de panneaux publicitaires et refus de prélèvement d’ADN. Chaque mois, une quinzaine de membres de cette association anti-pub barbouillent des panneaux pour y inscrire des slogans tels que « Pas de pub devant les écoles ».

Refus de payer les amendes

Face au refus de payer les amendes, le ministère public a décidé de les poursuivre pour une action menée en mai 2014. « Certains policiers auprès desquels nous nous sommes dénoncés approuvent notre action », souligne d’emblée, Alessandro Di Giuseppe, un des prévenus.

Le comédien est aussi l’ancien candidat à l’élection municipale de Lille sous l’étiquette de l’Eglise de la Très sainte consommation, un mouvement anti-libéral. Il dénonce « l’omniprésence des panneaux sur l’espace public, et notamment devant les écoles ». Son acolyte, Mallory Fossard, précise qu' « un panneau sur trois, à Lille, est installé de façon illégale ».

« Action symbolique »

« Notre action est symbolique et légitime », poursuit Alessandro Di Giuseppe, relayé par un élu (EELV) de Lille et un professeur des écoles. « Certains panneaux ne respectent pas le code de l’environnement », confirme l’élu au Patrimoine, Julien Dubois, à la barre. Alexandre Baret, professeur d’école, chargé d’une étude sur l’incidence de la publicité auprès des enfants, signale « une population touchée malgré elle ».

Autre témoin, une magistrate du syndicat de la magistrature, Laurence Blisson, intervenait pour alerter sur les « dérives des prélèvements ADN ». « On garde aujourd’hui 2,5 millions de traces ADN, alors que pour 80 % des cas, il n’y a pas eu de condamnation », note-t-elle.

« Logique de désobéissance »

l’avocat des prévenus, Me William Bourdon, évoque dans sa plaidoirie « la logique de désobéissance quand on a puisé les autres actions pour dénoncer un risque ». Il rappelle que deux autres affaires similaires, à Paris, ont déjà donné lieu à des relaxes, tout en soulignant « l’absence de dommages ». Pour preuve, aucun des propriétaires des panneaux ne s’est porté partie civile dans cette affaire.

Deux mois de prison avec sursis requis

De son côté, le procureur a demandé un mois avec sursis pour la dégradation des panneaux et deux mois avec sursis pour le refus de prélèvement d’ADN. « On espère que ces procès vont faire changer la loi sur l’affichage publicitaire. On réclame que les affiches soient de la même taille que les affiches électorales ou associatives », glisse, à la sortie Alessandro Di Giuseppe. Décision du tribunal le 7 juillet.

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