Tourcoing: L'histoire de Wakanim, la petite boîte rachetée par un géant

ÉCONOMIE Via une filiale, Sony Music a pris des parts majoritaires dans une start-up installée à la Plaine Images…

Mikael Libert

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Le stand de Wakanim à la Japan Expo.

Le stand de Wakanim à la Japan Expo. — Wakanim

Un pied au Japon, l’autre à Tourcoing. Spécialisée dans la diffusion numérique de séries japonaises, la start-up Wakanim a ouvert son capital à Aniplex Inc., filiale de géant Sony Music Entertainment.

C’est une histoire qui débute en 2009 à la Plaine Images, à Tourcoing. Les deux co-fondateurs, Olivier Cervantes et Ludovic Alcala, ont l’idée de créer un « Netflix » de séries d’animation japonaises. « C’est de la vidéo à la demande via Internet, explique Olivier Cervantes. Notre point fort c’est de diffuser les séries en même temps qu’au Japon et déjà sous-titrées en français ». Récemment, la start-up s’est aussi ouverte à la musique asiatique.

Une communauté de 250 000 membres

Aujourd’hui, Wakanim est « leader en France » dans son domaine. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont poussé le groupe nippon à investir. « Sony est notre principal fournisseur de contenu depuis six ans. Ils ont suivi notre évolution avec intérêt », poursuit le co-fondateur. Plus qu’une société de neuf personnes au chiffre d’affaires de 750.000 euros en 2014, ce que Sony a acheté, c’est « une communauté » : 250.000 utilisateurs inscrits et 650.000 visites mensuelles.

La France en poche, Wakanim à désormais des ambitions internationales : « Nous avons ouvert une filiale au Canada. Pour attaquer le marché Européen, il nous fallait des fonds », déclare Olivier Cervantes. Les deux co-fondateurs sont donc allés frapper aux portes des grandes chaînes de télévision françaises : « Elles étaient intéressées par le concept, mais Sony a été plus rapide ».

Sony est majoritaire

C’est, en effet, le groupe nippon qui a démarché directement Wakanim. Sans dévoiler les dessous de la transaction, Olivier Cervantes avoue que son associé et lui n’ont pas mis longtemps avant d’accepter, même si le « deal » était de perdre le contrôle de leur société. « Ça ne nous fait pas peur. Sony nous apporte une aide structurelle inespérée », reconnaît le co-gérant. Il confirme aussi que Wakanim restera bien basée à Tourcoing.

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