Lille: Grâce à l'impression 3D, ils offrent le monde aux non-voyants

INNOVATION La start-up lilloise Tri-D a développé un projet pour permettre aux déficients visuels d'appréhender l'art et le monde qui les entoure...

Mikael Libert

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La start-up Lilloise Tri-D utilise l'impression en 3D pour rendre l'art accessible aux non-voyants.

La start-up Lilloise Tri-D utilise l'impression en 3D pour rendre l'art accessible aux non-voyants. — M.Libert / 20 Minutes

Ils mettent le monde dans leurs mains. Deux jeunes Lillois, Chris et Thomas ont créé la start-up Tri-D (Troisième révolution des idées), un projet social reposant sur l'intuition que «le toucher peut se substituer à la vue pour se représenter le monde autrement».

Un projet porteur de sens

A sa sortie de l'Ecole centrale de Lille, il y a deux ans, Chris découvre l'impression 3D. «J'ai trouvé ça magique, ça ouvrait un champ des possibles inimaginables», se souvient-il. Pris de passion pour cette technologie naissante, le jeune homme veut se lancer. C'est alors qu'il tombe sur Thomas, 25 ans, qui est designer 3D. «Je lui ai proposé de travailler avec moi sur Tri-D pour mettre cette nouvelle technologie au service de projets porteurs de sens», poursuit Chris. Le caractère social est présent dès le début de l'aventure, «il ne s'agissait pas de reproduire en 3D tout et n'importe quoi. Je voulais créer des pièces à forte valeur sociale ajoutée».

Un jour, dans le garage qui leur sert de local, les deux compères impriment une Vénus de Milo en se demandant à quoi cela pouvait bien servir. «On s'est dit que dans un musée, on ne pouvait pas toucher les œuvres. L'impression de celles-ci en 3D pouvait être le moyen de les faire découvrir, notamment aux non-voyants». Ils venaient de signer l'acte de naissance de leur projet «Toucher pour voir». Tri-D à même noué un partenariat avec le musée d'art moderne de Villeneuve d'Ascq où une expérimentation sur deux œuvres est en cours.

Pour les non-voyants, mais pas que

Outre l'art, c'est tout un monde qui reste à explorer pour les personnes déficientes visuelles. «Nous organisons des ateliers tactiles dans le noir où les participants, aveugles ou non, peuvent redécouvrir leur propre monde sur un autre mode, avec d'autres sens», explique Chris. Rien que pour la région, Tri-D a déjà réalisé en miniature la Porte de Paris et le Beffroi de Lille, ou encore les falaises du cap Blanc-Nez. «Grâce à une miniature de la citadelle de Lille, une jeune non-voyante à découvert que celle-ci n'était pas carrée mais en forme d'étoile», confie Chris.

Et cela marche aussi pour les personnalités: «Avec un buste de François Hollande les non-voyants pourraient savoir à quoi ressemble leur président», s'amuse le jeune entrepreneur. Ils ont même demandé à Miss France si elle se laisserait scanner et reproduire en miniature mais la belle Camille n'a pas donné suite.

Une campagne de crowdfunding a permis à Tri-D de lever 13.000 euros pour acheter des imprimantes et commencer à lancer des séries de miniatures. La jeune start-up devrait intégrer, prochainement, l'incubateur de l'université catholique de Lille.