Nord: Écrire aux morts pour faciliter le deuil

SOCIÉTÉ Une campagne de publicité a été lancée par une société qui permet de faire des confidences aux défunts...

Mikael Libert

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Dernières confidences permet de laisser des messages aux défunts.

Dernières confidences permet de laisser des messages aux défunts. — MDM

Des mots vers l'au-delà. Il y a un an, Marion Delrue créait son entreprise autour d'un concept funéraire baptisé «Dernières confidences». L'idée: permettre à ceux qui restent d'écrire aux défunts ce qu'ils n'ont pas eu le temps, le courage ou l'opportunité de leur dire de leur vivant. Marion va lancer, mercredi, une campagne de publicité pour faire connaître son entreprise.

Depuis la nuit des temps, les morts sont inhumés avec toute sorte d'objets ou messages. Quel que fut le rituel, la démarche était essentiellement vouée à faciliter le «passage» du défunt vers l'au-delà. «Dernières confidences, c'est un peu l'inverse, explique Marion. La démarche est tournée vers ceux qui restent».

Ecrire les non-dits

Dans une autre vie, Marion Delrue était conseillère en développement personnel. «Beaucoup de clients confrontés à un décès restaient avec la frustration du non-dit, glisse la chef d'entreprise. J'ai remarqué qu'un travail d'écriture sur ces non-dits aidait à passer le cap du deuil». D'où l'idée de «Dernières confidences».

Marion propose donc des fiches aux bords autocollants sur lesquelles les proches peuvent écrire un secret inavoué ou un mot d'amour. Elles seront ensuite glissées dans la fente d'un cercueil spécial (fabriqué dans la région), comme un bulletin dans une urne. «C'est l'assurance de confidentialité du message qui facilite la tâche», avoue Marion.

Une pub «suggestive»

Après avoir prospecté vainement les entreprises de pompes funèbres, «peu enclines à aller vers la nouveauté», la nordiste a décidé de s'adresser directement aux particuliers. Ainsi, une pub de 10 secondes va être diffusée, dès mercredi, sur les écrans du cinéma Kinépolis, à Lomme.

Réalisé par quatre étudiantes de l'IUT commerce de Roubaix, le spot aura coûté 4.000 euros pour 3.500 passages répartis sur un an. Suggestive, la pub ne montre pas d'image de cercueil: «On voulait susciter la curiosité pour que les gens aillent voir le site internet», déclare Pauline, l'une des étudiantes. Avant un bon blockbuster et entre deux poignées de pop-corn, le message passera-t-il?

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