Les barbouilleurs anti-pub lillois veulent intensifier leurs actions. Deux d'entre eux se retrouvent, à nouveau, devant la justice, mardi. Ils doivent s'acquitter de deux amendes de 100 euros pour dégradations et 200 euros pour refus de prélèvement ADN. «Nous allons encore refuser de payer ces amendes, et logiquement, nous devrions, cette fois, être automatiquement poursuivis», espère Alessandro, convoqué pour la troisième fois.

La liberté de non-réception de la publicité

Depuis plusieurs années, le collectif des Déboulonneurs, auquel il appartient, milite pour «ramener l'espace publicitaire urbain à sa juste mesure, c'est à dire 50x70 cm, comme pour l'affichage associatif et politique.»

Leur action prend, aujourd'hui, une nouvelle dimension avec la décision de la mairie de Grenoble de ne pas renouveller son contrat d'affichage publicitaire. Environ 300 panneaux seraient ainsi appelés à disparaître du paysage urbain grenoblois. «Grenoble devient la première grande ville d'Europe à respecter la liberté de non-réception, nous demandons à la mairie de Lille de faire de même», souligne Alessandro.

Nouvelle action antipub

Selon les Déboulonneurs, l'affichage publicitaire sous contrat est constitué, à Lille, de 260 panneaux fixes et déroulants et de 10 colonnes Morris. «Le marché conclu avec CBS expire en 2017. Il reste trois années à Lille pour suivre l'exemple courageux de Grenoble et devenir une ville sans pub», glisse Alessandro. En attendant, les militants ont prévu une 75e action antipub de barbouillage, dès mardi soir... devant le tribunal de Lille.

L'exemple de Grenoble. Jusqu'alors, la ville de Grenoble et le publicitaire JC Decaux étaient en contrat. Selon le directeur Stratégie et marketing de l'afficheur, interrogé par Le Monde, «la ville va se priver de 600.000 euros par an». Un chiffre contesté par la mairie qui estime qu'avec l'effondrement des recettes publicitaires, le manque à gagner se limite à environ 150.000 euros par an.

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