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Les vingt-quatre prévenus jugés depuis la semaine dernière pour trafic de stupéfiants devant le TGI de Lille seront fixés mercredi. La journée de vendredi, consacrée aux plaidoiries, a vu la plupart des avocats dénoncer « l'amalgame » de plusieurs petits trafiquants en un réseau de drogue organisé. C'est en tout cas la thèse défendue par Jean-Michel Navarre, substitut du procureur, qui a requis des peines allant de dix-huit mois de prison avec sursis à dix ans ferme. « Ce sont des peines d'assises », a déploré Franck Berton, avocat du principal accusé, qui a battu en brèche la vision de la Juridiction interrégionale spécialisée dans la grande criminalité (Jirs) à qui a été confiée cette affaire. La question est de savoir si les vingt-quatre prévenus appartenant à quatre clans participaient, ou non, d'une même organisation. « Parmi les plus impliqués – dont deux sont en fuite –, le principal accusé assume le trafic, l'importation de drogues et la corruption de magistrats au Maroc. Il s'agit bien d'un réseau », a avancé Jean-Michel Navarre.

En face, la majorité des avocats ont réclamé une « réduction significative des peines » et la restitution de biens sous scellés. Parmi eux, Blandine Lejeune, qui défendait l'un des accusés. « L'instruction manquait d'éléments probants. Elle n'était pas à la hauteur du trafic international auquel on veut nous faire croire. Il ne faut pas remettre en cause la Jirs, mais ses méthodes. »

Claire Hohweyer

Ce trafic de stupéfiants avait été mis au jour en octobre 2004. En tout, une quarantaine de personnes avaient été interpellées à Lille, Roubaix et Mons-en-Baroeul.