Gilles Durand

«Bienvenue chez nous», lance un «associate», en tirant son chariot garni d’objets de toutes sortes. A la veille du rush des commandes de Noël, la direction d’Amazon a ouvert les portes de sa nouvelle plate-forme logistique, installée en septembre dernier à Lauwin-Planque, près de Douai, dans le Nord. Il s’agit de la quatrième plate-forme mise en service en France après celles d’Orléans, Montélimar et Chalons-sur-Saône. L’univers d’Amazon, le journaliste Jean-Baptiste Malet l’avait décrit dans son livre témoignage «En Amazonie», paru en début d’année. La direction voulait monter une autre facette. Visite.

 En langage amazonien, Lauwin-Planque est prononcé «Lille one». Chez Amazon, le vocabulaire est particulier. On parle d’associate (salarié), de pickeur (préparateur de commandes) ou de package (emballage). L’ambiance de travail se veut différente. Les vigiles, placés face aux portiques de détection, ne décrochent pas un sourire, mais des affiches, placardées dans les sas d’entrée, demandent de prendre du plaisir (Have fun), tout en travaillant dur (Work hard). «Nous avons une école Amazon, nous aimons former les gens à nos process», souligne Ronan Bolé, directeur du site. Sécurité, propreté, efficacité.

Le stockage, le nerf de la guerre

Dans ce bâtiment colossal, construit en neuf mois sur une superficie équivalente à 14 terrains de foot, les rayonnages, les palettes et les racks ont commencé à coloniser les cellules. Environ 80.000 références sont déjà stockées. Pour la première fois en France, des objets volumineux, télévisions ou électroménager, sont disponibles, entreposés jusqu’à une dizaine de mètres de hauteur.

Le stockage, c’est le nerf de la guerre chez Amazon. «Le rangement est aléatoire, les objets sont classés par taille dans des étagères. Nous sommes challengés sur 12 heures pour mettre en stockage les produits qui arrivent», explique Nicolas Vroylandt, responsable du flux entrant. Vient ensuite le travail des pickeurs: douze kilomètres par jour à parcourir à travers les rayons pour récupérer les objets qui doivent être livrés au plus vite. Leur guide, c’est le «flash» qu’ils tiennent en main. Sur l’écran apparaissent des codes de bataille navale: C112, C149, C186… «Cela correspond aux étagères où je dois aller. Je dois suivre ce que la machine dit», précise un pickeur en action. Le temps de cerveau disponible sert à repérer les objets mal rangés ou à ramasser ce qui traîne à terre.

A l’approche de Noël, période traditionnellement intensive pour les livraisons sous le sapin, le nombre d’associates devraient atteindre 900. «Actuellement, nous sommes 600 dont 110 CDI. Le nombre de CDI doit atteindre les 300 début 2014», précise le directeur du site qui nous demande si nous avons vu un seul papier traîner. Non, aucun papier par terre. Tout est net, précis, calibré.

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