Pas encore construit, déjà fissuré. Ce soir, le conseil de la Communauté urbaine de Lille Métropole (LMCU) doit voter le plan de financement du Grand stade, sa jauge, ainsi que la convention d'occupation avec le Losc. Il est proposé aux élus d'entériner le Partenariat public privé (PPP) pour la construction, le financement et la gestion d'une enceinte multifonctionnelle de 50 000 places. Mais, pour l'instant, le consensus est loin d'être acquis.
« L'UDF a décidé d'entrer en résistance », lâche Nicolas Lebas, conseiller UDF à LMCU, qui préfère « un stade monofonctionnel de 40 000 places ». Moins radical, Marc-Philippe Daubresse, vice-président (UMP) à LMCU est encore indécis : « On est d'accord sur l'objectif d'un grand équipement de 50 000 places, mais nous voulons des réponses sur la question du financement. » Et l'élu d'ajouter qu'il veut un PPP avec « un grand P pour le privé ».
Ce midi, lors de la réunion des présidents de groupe, Pierre Mauroy (PS) pourrait apaiser ces tensions. Mais il ne convaincra pas Eric Quiquet, chef de file des Verts. « Voter ce PPP, c'est donner au privé le carnet de chèques de la communauté. » Dans le viseur de l'élu : les projets de développement de la métropole qui seraient enterrés si le conseil s'engageait sur un investissement de 12 à 18 millions d'euros par an pendant vingt-sept ans. Une opposition qui risque de ne pas plaire au Losc dont le président réclamait en septembre que « tout soit réglé le 17 novembre au soir ».
Antoine Maes et Vincent Vantighem (avec F. B.)