Une seule unité sur trois accueille, pour l'instant, des patients détenus.
Une seule unité sur trois accueille, pour l'instant, des patients détenus.

Gilles Durand

Un hôpital protégé par des enceintes de prison. La première unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de la région a été inaugurée, lundi, à Seclin. Ce lieu peut accueillir 60 patients détenus atteints de troubles psychiatriques, avec ou sans leur consentement. «Il existait déjà un dispositif de soins en prison, mais l'avantage de ce lieu est qu'il est opérationnel tous les jours, 24h sur 24», souligne Pierre Thomas, chef du pôle psychiatrie au CHRU de Lille et responsable du lieu.

Intervention sur alerte

Car il s'agit avant tout d'un hôpital qui soigne des personnes incarcérées. On ne parle pas de cellule, mais de chambre. A l'intérieur, seul le personnel hospitalier intervient. «Nous n'intervenons qu'à la demande ses soignants qui possèdent un boîtier d'alerte», explique un surveillant pénitentiaire. Depuis l'ouverture d'une unité, en juin, une seule intervention, sans gravité, a été nécessaire. «Un détenu sur sept souffre de troubles mentaux, note Pierre Thomas. Avant, ces détenus étaient pris en charge par les établissements psychiatriques, mais il y a eu une stigmatisation autour de certains cas.» D'un montant de 22,5 millions d'euros, le bâtiment doit prendre en charge environ 600 séjours par an.

• Les syndicats pénitentiaires satisfaits, mais…

«C'est une avancée, mais 60 lits, c'est trop peu pour une interrégion qui compte environ 7.000 détenus.» Chez FO et l'Ufap, le discours syndical est le même concernant l'ouverture de cette unité hospitalière. «Il y a longtemps qu'on demande des structures adaptées à certains profils, car de plus en plus de détenus souffrent de troubles psychiatriques, note Stéphane Lecerf, délégué Ufap. Cela fonctionne bien ailleurs. A Seclin, il faudra faire un bilan dans quelques mois.» Une quarantaine de surveillants ont été recrutés pour gérer le lieu. «On déplore néanmoins que l'administration pénitentiaire n'ait pas prévu de télévision pour la surveillance, c'est le centre hospitalier qui a dû pallier», souligne Frédéric Bogaert, de FO.