« On m'a dit que j'avais un ton trop professoral ! » C'est exact. Mais le cours de droit, donné hier devant la 7e chambre du tribunal correctionnel de Lille, est magistral. Bernard Soinne, le célèbre mandataire judiciaire lillois, qui comparaît jusqu'à vendredi pour corruption présumée dans le cadre d'un scandale immobilier, n'a cessé d'ébranler l'instruction.

« Je suis victime d'un acharnement judiciaire. Il n'y a rien contre moi. Je le démontrerai », a-t-il prétendu. Il dément toute incompatibilité entre ses activités de liquidateur judiciaire et le rachat de l'immeuble de trois étages qui jouxte ses locaux professionnels dans le Vieux Lille.

L'auteur du « Soinne », la Bible des étudiants en droit commercial, est pourtant en fâcheuse posture. Assis sur une chaise pliable, à l'écart des autres prévenus, il a étalé à ses pieds des dossiers qu'il compulse frénétiquement. L'agrégé de droit aux cheveux blancs a décidé de mener les débats avec un culot et un talent qui finissent par rendre sympathique le mandataire détesté pour son « âpreté » dans les affaires. Des étudiants l'ont même surnommé « Oncle Picsou », a-t-on appris lors de la première journée d'audience.

Aujourd'hui, le tribunal va encore parler d'argent. Bernard Soinne doit s'expliquer sur le prix très avantageux dont il a bénéficié dans le rachat de la créance de la société Vendôme, qui était alors propriétaire de l'immeuble racheté à un prix avantageux.

Frédéric Lépinay

Deux agents des impôts, un avocat et une huissière de justice comparaissent également. La justice leur reproche d'avoir favorisé le « pacte de corruption » entre mandataire et banque.

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