My Ferry Link est bien partie

Économie La Scop des anciens de SeaFrance s'est lancée le 20 août

Olivier aballain

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Olivier ne restera pas à quai. Cet ancien délégué syndical de SeaFrance vient de recevoir sa lettre d'embauche chez My Ferry Link. La société coopérative et participative (Scop) exploite depuis trois semaines deux navires de l'ancienne compagnie sur la ligne Calais-Douvres. Et pour l'instant, le temps est au beau fixe. « Je suis content d'avoir été retenu, raconte Olivier. Le discours de la direction est plus commercial, plus motivant que chez SeaFrance où c'était quand même un peu l'administration. »

Tous optimistes
Le directeur général, Jean-Michel Giguet, parle, lui, encore de « période d'observation ». « Nous nous lançons sur des mois plutôt creux. Le vrai test se fera à partir de la fin d'année. » En validant le nom de la nouvelle compagnie, cet ancien de la Brittany Ferries a en tout cas mis les salariés au parfum : la clientèle visée est à 80 % anglaise. A terme, grâce à l'exploitation en fret d'un troisième navire de l'ex-SeaFrance, My Ferry Link espère capter 12 à 14 % du marché fret et jusqu'à 10 % de l'activité passagers.
La concurrence, elle, ne panique pas. LD Lines, associé à DFDS, a lancé deux navires sur Calais-Douvres dès février 2012. Et chez P&O, qui a adapté son offre en novembre 2011, on n'observe « pas de ralentissement » dans les ventes depuis l'arrivée de My Ferry Link. L'opérateur dit toutefois « surveiller les prix » afin d'éviter toute « concurrence déloyale » du nouvel opérateur. Enfin à Eurotunnel, qui a acheté les trois navires de SeaFrance pour les louer à la Scop, on vante la « complémentarité » de l'offre. Olivier, qui a passé 15 ans chez SeaFrance, est optimiste : « On va travailler sept jours sur sept, ce sera dur. Mais je ne regrette rien parce qu'il vaut mieux ça qu'une compagnie sans ligne directrice, comme au temps de SeaFrance ».

Organisation

Les salariés de la Scop paient une part (récupérable) de 5 000 € pour entrer dans l'entreprise, puis versent 2 % de leur salaire tous les mois pour assurer le fonctionnement de la Scop. D'ici 2013 la direction espère employer 520 salariés.

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