On roule trop. L'Insee Nord-Pas-de-Calais dévoilait, à la fin de la semaine dernière, une étude réalisée sur les déplacements domicile-travail dans la région*. Le constat n'est guère réjouissant : les trajets de plus en plus longs provoquent une augmentation annuelle de 4 % des rejet de carbone dans l'atmosphère. en contradiction avec les objectifs du Grenelle de l'environnement (voir encadré).
Péri-urbanisation problématique
En moyenne, un Nordiste effectue 21 km aller-retour pour se rendre à son travail ou lieu d'étude, près d'un kilomètre de plus qu'ailleurs en province. « Cet éloignement plus important entre domicile et travail s'explique en partie par la structuration du territoire autour d'importants pôles urbains proches géographiquement, Lille, Lens ou Valenciennes, dont les marchés du travail sont connectés », souligne l'Insee. Le réseau de transports en commun, pourtant plus développé qu'ailleurs, ne suffit pas à compenser. Si cette tendance à la péri-urbanisation, constatée entre 1999 et 2007, se poursuit, les rejets de carbone auront augmenté de 50 % en 2030.
Les solutions passent par le changement de mode de transport. Développer le covoiturage, par exemple. L'objectif du schéma régional est de passer à l'avenir à 1,5 personnes par véhicule contre 1,04 actuellement. « Il faudra surtout limiter la déconnexion croissante entre lieu de résidence et lieu de travail », prédit l'Insee.
* L'étude porte sur l'année 2007.
Les transports sont à l'origine d'un tiers des émissions de carbone. Pour enrayer le réchauffement climatique, le Grenelle Environnement envisageait, en 2007, de diviser par quatre ces émissions à l'horizon 2050.