Human Rights Watch interpelle le président égyptien

Mis à jour le 16.07.12 à 08h23

L'organisation non gouvernementale Human Rights Watch a invité dimanche le président égyptien Mohamed Morsi à interdire aux tribunaux militaires de juger des civils, conformément au droit international. Au moins 12.000 civils, soit davantage que pendant les 30 ans du règne d'Hosni Moubarak, ont été jugés à huis clos par ces juridictions depuis le soulèvement populaire de l'année dernière, selon les mouvements de défense des droits de l'homme.

«Il est temps à présent pour le président Morsi de tenir ses promesses en mettant fin à la mainmise de l'armée sur les instances de décision civiles et à faire respecter les droits de l'homme en faisant cesser une fois pour toutes les procès militaires de civils», a dit Sarah Leah Whitson, directrice de Human Rights Watch pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, dans un communiqué.

Grâce présidentielle

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui assurait l'intérim depuis le renversement d'Hosni Moubarak, le 11 février 2011, a remis le pouvoir au nouveau chef de l'Etat, mais semble décidé à conserver d'importantes prérogatives. Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, a formé récemment une commission dirigée par un juge pour enquêter sur les procès de civils devant des juridictions militaires.

«La position des Frères musulmans concernant la fin des procès de civils devant des tribunaux militaires suscite déjà des doutes du fait de leur incapacité à limiter le droit des militaires à les citer devant ces juridictions», déplore Sarah Leah Whitson. La commission créée par Mohamed Morsi «ne pourra pas se pencher sur les cas les plus récents parce que son mandat se limite aux condamnations prononcées jusqu'au 30 juin 2012», poursuit-elle, ajoutant que la grâce présidentielle est le seul recours contre les décisions des tribunaux militaires.

Reuters
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