Meurtres du Pont de Neuilly: Les parties civiles plaident la «responsabilité» de l'accusé

Mis à jour le 23.02.12 à 12h20

Les avocats des parties civiles ont plaidé ce jeudi la «responsabilité» de David Sagno, jugé devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine pour le meurtre de deux femmes au pont de Neuilly, dont un avait entraîné la condamnation de Marc Machin, ensuite libéré.

«Cet homme a un discernement, il a son discernement même s'il l'éloigne du monde des humains. Et vous le condamnerez», a affirmé en s'adressant aux jurés Me Nathalie Ganier-Raymond, l'avocate de la soeur de Marie-Agnès Bedot, l'une des victimes.

«Une armure psychologique et physique»

«Le seul point en débat aujourd'hui, c'est la responsabilité (...) On a tenté de vous faire croire que David Sagno était en dehors de toute réalité humaine et qu'il était n'était peut-être pas responsable de ses actes», a insisté pour sa part l'avocat de la mère de Marie-Agnès Bedot, Me Vincent Ollivier.

«Ce n'est pas une catastrophe naturelle. C'est un homme qui a commis un crime», a-t-il ajouté comparant l'impassibilité de l'accusé à «une armure psychologique et physique qui lui permet d'échapper au monde et à la justice».

«Nous ne croyons pas au hasard. Nous sommes convaincus que David Sagno avait repéré Madame Araujo, qu'il l'avait observée et qu'il savait qu'elle empruntait le pont tous les jours à la même heure», a affirmé quant à elle Me Murielle Cormorant, avocate du fils de Maria-Judith Araujo, l'autre victime.

Machin rejugé fin 2012

Dans la nuit du 3 au 4 mars 2008, David Sagno s'était rendu au commissariat de La Défense (Hauts-de-Seine) pour s'accuser des meurtres de Marie-Agnès Bedot, le 1er mai décembre 2001, et de Maria-Judith Araujo, le 22 mai 2002, commis pont de Neuilly.

Si le second meurtre n'avait jamais été élucidé, le premier avait conduit à la condamnation à 18 ans de réclusion de Marc Machin, âgé de 19 ans au moment des faits. Grâce aux aveux tardifs de David Sagno et à des vérifications génétiques, Marc Machin avait bénéficié d'une remise en liberté en avril 2010 par la cour de révision, qui avait annulé sa condamnation. Il doit être rejugé fin 2012.

Le procès doit se poursuivre avec les réquisitions de l'avocat général Philippe Courroye.

© 2012 AFP
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