Fukushima: Tepco invite la presse à visiter la centrale et confirme la stabilisation du site

Mis à jour le 20.02.12 à 13h55

La compagnie d'électricité japonaise Tokyo Electric Power (Tepco) a reçu ce lundi pour la deuxième fois des journalistes à la centrale accidentée Fukushima Daiichi, confirmant l'état d'arrêt à froid des réacteurs du site où oeuvrent chaque jour 3.000 personnes.

Revêtus de combinaisons blanches, gants et masques intégraux, les reporters ont été conduits vers le complexe atomique endommagé à partir de J-Village, un ex-site sportif à la frontière de la zone interdite transformé en centre de préparation pour les travailleurs. Après avoir traversé des villes désertées, le groupe a pénétré dans l'enceinte de la centrale, le niveau de radioactivité s'élevant au fur et à mesure pour atteindre 15 microsieverts par heure à la porte du site, puis 40 microsieverts par heure à l'entrée du centre de gestion de crise, contre 0,05 à 0,15 microsievert par heure en un lieu non contaminé.

Refroidissement constant

Les niveaux peuvent atteindre 1.500 microsieverts par heure à proximité du réacteur 3, le plus endommagé des six que compte la centrale ravagée par le tsunami du 11 mars 2011. Accueillant les journalistes sur place à trois semaines du premier anniversaire de cette tragédie, le directeur de Fukushima Daiichi, Takeshi Takahashi, visiblement très fatigué, a d'abord présenté ses excuses pour les dommages causés à la population.

Il a en outre confirmé l'état d'arrêt à froid des réacteurs. Ce maintien durable de la température à l'intérieur des cuves sous 100 degrés Celsius est assuré par un refroidissement constant, conformément à l'annonce faite au mois de décembre par le gouvernement, a-t-il souligné.

Au moins 10 ans avant de pouvoir retirer le combustible

Les problèmes de remontée apparente de température au réacteur 2 constatés au début du mois n'étaient pas dus à un réchauffement mais à une panne d'un thermomètre, a-t-il insisté. «La centrale est désormais en état d'arrêt à froid et nous allons à présent faire tous les efforts pour permettre à des habitants évacués de revenir chez eux le plus vite possible», a-t-il déclaré. «Notre principal défi désormais est d'extraire le combustible des réacteurs. C'est techniquement un problème extrêmement complexe, mais nous voulons le prendre en charge étape par étape», a-t-il expliqué.

Le combustible nucléaire, non refroidi dans les heures suivant le tsunami, a fondu dans trois des quatre réacteurs accidentés. Il faudra au moins dix ans avant de commencer à pouvoir l'en retirer, en inventant des techniques nouvelles.

© 2012 AFP
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