La Russie a frôlé une catastrophe nucléaire en 2011, selon la presse

Mis à jour le 14.02.12 à 20h14

La Russie est passée près d'une catastrophe nucléaire à la fin du mois de décembre dernier, lorsqu'un incendie s'est déclaré sur un sous-marin nucléaire lanceur d'engins, affirme mardi l'hebdomadaire russe Vlast. Citant plusieurs sources de la marine russe, le magazine contredit la version officielle de l'incident en assurant que des ogives nucléaires se trouvaient bien à bord de l'Ekaterinbourg, où le feu a pris le 29 décembre alors qu'il était en réparation dans un chantier naval proche de Mourmansk.

Les autorités russes avaient alors déclaré que la totalité des ogives nucléaires armant le sous-marin de la classe K-84 avaient été déchargées avant les travaux et qu'il n'y avait aucun risque de fuite radioactive. Mais l'hebdomadaire Vlast soutient que 16 missiles balistiques intercontinentaux de type R-29 armés chacun de quatre ogives nucléaires étaient à bord. "La Russie s'est trouvée pendant une journée au bord de la plus grave catastrophe depuis Tchernobyl", écrit le magazine.

Le feu a pris à 1.500 km au nord de Moscou

Ni le ministère de la Défense ni les services du vice-Premier ministre Dmitri Rogozine, qui a la responsabilité des questions militaires, n'a fait le moindre commentaire. Le feu a pris sur un échafaudage en bois monté autour du sous-marin long de 167 mètres au chantier naval de Roslïakovo, un des principaux sites de maintenance de la Flotte nord de la marine russe à quelque 1.500 km au nord de Moscou. Les pompiers ont lutté vingt-quatre heures pour venir à bout du sinistre.

Selon Vlast, aussitôt l'incendie éteint, le sous-marin a mis le cap sur un entrepôt d'armes de la marine russe, une destination étonnante pour un bâtiment endommagé censé ne transporter aucune arme. "Le K-84 était à quai avec des roquettes et des torpilles à son bord", écrit le magazine. Si une seule de ces torpilles avait explosé, ajoute-t-il, elle aurait menacé les missiles nucléaires et aurait pu déclencher un accident nucléaire d'une extrême gravité.

Reuters
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