Les Etats membres de la Ligue arabe ont lancé l'idée d'armer l'opposition syrienne si Bachar al-Assad ne met pas fin à la répression. L'avertissement, glissé dans l'article 9 de la résolution votée dimanche au Caire par l'organisation panarabe, appelle les Etats membres à "fournir toute forme de soutien politique et matériel" à l'opposition syrienne. Une formulation qui laisse la porte ouverte à l'envoi d'armes et des diplomates présents à la réunion ont confirmé cette interprétation.
"Il est inacceptable qu'Assad puisse se livrer à des massacres en tous genres de civils pendant que nous restons à ne rien dire", a dit un ambassadeur arabe. "Nous commencerons au début par soutenir l'opposition financièrement et diplomatiquement, mais, si les tueries du régime continuent, il faudra aider les civils à se protéger. La résolution ouvre aux Etats arabes toutes les options pour protéger le peuple syrien." Plus explicites, deux autres diplomates ont souligné que la résolution rendait possibles des livraisons d'armes.
Des armes de contrebande entrent déjà en Syrie, mais on ignore précisément dans quelle mesure ce trafic se fait avec le soutien de gouvernements arabes ou autres. Ces équipements ne peuvent toutefois prétendre rivaliser avec les armes lourdes dont disposent les forces syriennes. Cette situation pourrait changer si les pays de la Ligue arabe lançaient officiellement une campagne d'équipement des opposants.
Un ambassadeur représentant un pays arabe hors du Golfe a rapporté que le Qatar et l'Arabie saoudite avaient insisté pour que le terme "soutien matériel" recouvre "toutes sortes de soutien, y compris à l'avenir des armes". "Nous voyons cela comme une dangereuse escalade", a-t-il ajouté. Un autre diplomate a dit craindre une conflagration en Syrie, pays situé au coeur du monde arabe et où l'on trouve des sunnites, des alaouites, des chrétiens, des kurdes et des druzes. "La situation est très délicate en Syrie. La porte est ouverte à de nombreuses possibilités. Je pense qu'à présent la Syrie est au bord d'une sorte de guerre civile."