Il existe une bonne probabilité que la Réserve fédérale remonte les taux d'intérêt avant la fin 2014, montre une enquête Reuters, qui, toutefois, révèle aussi qu'une minorité significative d'économistes voient la Fed détendre à nouveau sa politique monétaire dans les mois qui viennent. Cette probabilité de voir la Fed renoncer à sa promesse de conserver des taux ultra-bas pendant encore deux ans est de 50%.
La Fed maintient son taux d'intervention proche de zéro depuis décembre 2008. Elle a par ailleurs acheté pour 2.300 milliards de dollars d'obligations pour faire baisser les coûts d'emprunt. Son président Ben Bernanke a annoncé en janvier que l'institut d'émission envisageait de nouveaux achats d'actifs. L'enquête, cependant, ne fixe qu'à 35% la probabilité de nouveaux achats, revenant à une troisième vague d'assouplissement quantitatif (QE3), d'ici le deuxième trimestre 2012, alors qu'un mois auparavant elle était de 50%.
Perspectives optimistes pour les Etats-Unis
L'enquête se penche aussi sur la croissance et, même s'il n'y a pas de changement tangible des prévisions par rapport à celles du mois dernier - une croissance annuelle de 2,0% est anticipée au premier trimestre, comme en janvier, après 2,8% au dernier trimestre 2011 - les économistes sont à présent un peu plus optimistes pour les perspectives des Etats-Unis.
Pour le deuxième trimestre, l'enquête donne une prévision de 2,1% contre 2,0% attendus lors de l'enquête de janvier. L'un des motifs de cet optimisme est le niveau important de liquidités détenu par les entreprises américaines, qui embauchent à un rythme plus soutenu ces derniers mois. Les embauches se sont élevées à 243.000 en janvier, nombre le plus élevé en neuf mois, et le taux de chômage est tombé à un plus bas de trois ans de 8,3%. Alors même que le consommateur en est encore à se remettre sur pied, il en va tout autrement des entreprises et il ne faudra donc pas grand chose pour faire démarrer l'économie une fois que tout se sera enclenché", commente Sam Bullard (Wells Fargo).
Pour l'ensemble de l'année 2012, la croissance serait en moyenne de 2,1% (2,2% dans l'enquête de janvier). L'enquête anticipe enfin une inflation maîtrisée, de 1,9%, hors alimentation et énergie, cette année, comme en janvier, soit un peu en deçà de l'objectif de la Fed qui est de 2%.