Des véhicules blindés patrouillent ce mardi dans les rues de Manama, capitale de Bahreïn, afin de dissuader toute manifestation après les heurts de la nuit en périphérie de la ville, au premier anniversaire du soulèvement de l'opposition. Peu avant l'aube, des manifestants ont lancé des cocktails molotov sur des voitures de police. En réaction, les forces de l'ordre se sont déployées en force dans les localités entourant Manama. C'est la première fois que les véhicules blindés sortent dans les rues depuis la levée de la loi martiale en juin 2011.
Les manifestations en faveur de la démocratisation du royaume ont repris ces dernières semaines, à l'approche du premier anniversaire du soulèvement initial du 14 février 2011. Les autorités, sunnites, redoutent une nouvelle révolte de la majorité chiite. L'an dernier, le rassemblement d'un mois sur la place de la Perle s'était soldé par une évacuation musclée, avec l'aide de militaires saoudiens dépêchés en renfort.
Sur la place de la Perle, où l'immense monument éponyme, devenu un symbole de l'opposition, a depuis été rasé par les autorités, la circulation a été fermée. Le site, renommé Carrefour Al Farouk par les autorités, est sous bonne garde des forces de sécurité. Lundi, plusieurs centaines de manifestants ont quitté un rassemblement autorisé de l'opposition et ont tenté en vain de reprendre position sur la place avant d'être repoussé par des tirs de balles en caoutchouc et de grenades lacrymogènes. (voir ) Les affrontements ont alors dégénéré, avec des jets de cocktails molotov, de pierres et de barres de fer.
Lundi, le roi Hamad ben Issa al Khalifa a assuré dans un discours télévisé qu'il restait décidé à mener à bien le processus de réforme lancé il y a dix ans mais que l'opposition juge purement symbolique. "Ceci marque le lancement d'un processus de développement et de modernisation, qui va toujours de l'avant afin de répondre dans tous les domaines aux aspirations de notre peuple loyal", a déclaré le souverain, dont la famille règne depuis deux siècles sur ce petit royaume du Golfe.
Il a ajouté avoir amnistié 291 prisonniers, parmi lesquels ne figurent toutefois aucun des manifestants arrêtés l'an dernier. L'opposition demande la libération de 14 chefs de file du mouvement, emprisonnés après avoir été jugés coupables de tentative de coup d'Etat par un tribunal militaire.