Accueil réservé à la résolution arabe sur la Syrie

Mis à jour le 13.02.12 à 21h06

La proposition de la Ligue arabe d'accroître le soutien à l'insurrection syrienne et d'envoyer des soldats de maintien de la paix en Syrie a été accueillie avec réserve ce lundi, et n'a pas fait taire les armes à Homs, où les bombardements ont repris. 

Le représentant de la Libye à l'ONU, Ibrahim Dabbachi, a prédit que "les despotes syriens connaîtront le même sort" que Mouammar Kadhafi, chassé du pouvoir et tué l'an dernier. Selon lui, le veto de Moscou et de Pékin au projet de résolution soumis au vote du Conseil de sécurité, le 4 février, a littéralement donné au pouvoir syrien un "permis pour tuer". Un délégué saoudien à l'ONU a fait écho aux propos de Dabbachi, ajoutant qu'il espérait voir tous les pays membres de l'Onu soutenir une résolution que l'Egypte devait faire circuler officiellement à l'Assemblée générale ce lundi en fin de journée.

Pas de veto, mais pas de caractère contraignant

Cette résolution, rédigée par l'Arabie saoudite et consultée par Reuters, est proche de celle bloquée au Conseil de sécurité par le double-veto russe et chinois. Elle "soutient totalement" le plan de la Ligue arabe. Aucun veto ne peut être opposé à une résolution soumise à l'Assemblée générale, mais elle ne peut avoir le caractère contraignant d'une résolution adoptée par le Conseil de sécurité.

La Russie, proche alliée du président Bachar al-Assad et principal fournisseur d'armes de Damas, a déclaré ce lundi ne pas pouvoir soutenir l'idée d'une mission de maintien de la paix, comme proposé par la Ligue arabe, tant que les deux camps n'auraient pas cessé le feu. La Ligue arabe a adopté dimanche une résolution demandant à aux Nations unies d'envoyer une mission de maintien la paix de l'ONU et des pays arabes en Syrie, où se poursuit la répression contre l'opposition au président Assad.

Une option militaire risquée

De leur côté, Américains et Européens ne souhaitent pas être attirés dans une opération au sol, craignant que, compte tenu de la situation de la Syrie sur des "lignes de faille" religieuses, ethniques et politiques au coeur du Proche-Orient, une option militaire ne s'avère plus risquée et complexe que le soutien aérien apporté aux insurgés de Libye l'an dernier. Toute mission de maintien de la paix requerrait la coopération du pouvoir syrien, qui a d'ores et déjà taxé la résolution de la Ligue arabe d'"acte hostile qui vise la sécurité et la stabilité de la Syrie".

Sur le terrain, les bombardements des forces syriennes à Homs, troisième ville de Syrie, ont repris après une accalmie en début de week-end. Les communications ayant été coupées, aucun bilan n'a été avancé par les activiste. Selon des opposants, 23 personnes ont été tuées dimanche, victimes qui s'ajoutent aux quelque 300 personnes tuées à Homs depuis le commencement des bombardements le 3 février. 

Reuters
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