Fillon défend dans la Somme la «TVA sociale» et le référendum

Mis à jour le 13.02.12 à 15h37

François Fillon a défendu ce lundi, lors d'un déplacement dans la Somme, le projet contesté de "TVA sociale", débattu à l'Assemblée nationale, et l'utilisation du référendum, envisagée par Nicolas Sarkozy, pour réformer la formation des chômeurs. Le Premier ministre, accompagné des ministres Valérie Pécresse (Budget) et François Baroin (Economie), a visité une usine agroalimentaire, avant de participer à une table ronde avec des chefs d'entreprise du département.

Il est ensuite revenu dans un discours sur le projet du chef de l'Etat, qui devrait annoncer dans la semaine sa candidature à l'élection présidentielle, de recourir au référendum pour réformer la formation des demandeurs d'emploi. "Est-ce un crime de demander aux Français leur avis face à un blocage qui dure depuis aussi longtemps?" s'est interrogé François Fillon, dénonçant un "énorme gâchis": seuls "10% des chômeurs sont en formation", quand "31 milliards d'euros sont engagés au total pour notre système de formation".

Le référendum, arme ultime contre le conservatisme du système

Selon lui, il faut concevoir le référendum, jamais utilisé par Nicolas Sarkozy depuis 2007, comme "l'arme ultime contre le conservatisme du système". Si les partenaires sociaux mènent "une négociation au rabais" et si "rien de fondamental ne bouge", le référendum est "légitime", a également jugé François Fillon. "Comme le général de Gaulle, je crois qu'il y a des moments où la mise en oeuvre des procédures habituelles ne permet pas à la volonté nationale de s'accomplir", a expliqué François Fillon.

"Personne ne devrait avoir peur de recourir au référendum", a-t-il martelé, alors que cette idée a été accueillie avec circonspection à gauche et au centre. Le Premier ministre a également livré un nouveau plaidoyer en faveur d'une baisse des charges patronales, compensée par une hausse de TVA, dont l'Assemblée nationale a entamé lundi l'examen.

Recaler le coût du travail par rapport aux concurrents de la zone euro

Face à une baisse de la compétitivité de la France, due en partie selon François Fillon à l'endettement et aux 35 heures, "nous ne pouvons plus esquiver la question du coût du travail" et nous devons "recaler nos coûts par rapport à nos concurrents de la zone euro", a prévenu le chef du gouvernement. Cette réforme concernera 14 millions de salariés, dont "80% des salariés de l'industrie et 95% de ceux de l'agriculture", a souligné François Fillon.

"Je sais que cette réforme suscite des interrogations ou des inquiétudes", a-t-il poursuivi. Mais elle "ne pénalisera en aucun cas la consommation, ni le pouvoir d'achat", a-t-il assuré, ajoutant que cette hausse n'aurait "pas de répercussion sur les prix" et que les entreprises "ne conserveront pas pour elles cette baisse de coût". Campagne électorale oblige, François Fillon a fait plusieurs allusions à l'opposition, en particulier socialiste. Il a ainsi opposé son "parler vrai" à ceux "qui parlent de +rêve+ et ceux qui suggèrent de tout bazarder".

© 2012 AFP
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