Invoquant l'adhésion des miliciens d'Al Chabaab à Al-Qaida, le gouvernement somalien a demandé ce lundi la levée de l'embargo international sur les ventes d'armes pour l'aider à combattre l'insurrection islamiste. Le ministère de l'Information a invité dans un communiqué les puissances étrangères à "lever l'embargo sur les armes à destination de la Somalie de manière à l'aider à défendre ce pays" et "à renforcer l'armée nationale somalienne".
"Nous (...) croyons que l'union (d'Al-Qaida et des Chabaab) accentuera l'insécurité en Somalie, dans l'Afrique de l'Est et le reste du monde et que notre pays risque de devenir une base d'Al-Qaida dans la région". Pour sa part, le porte-parole du gouvernement de Mogadiscio, Abdirahman Osman, a déclaré à Reuters que son gouvernement "(...) souhaite acheter ses propres chars et armes modernes pour anéantir les Chabaab". La semaine dernière, l'organisation djihadiste avait annoncé le ralliement des miliciens islamistes somaliens.
Les Nations unies ont imposé en 1992 un embargo sur les armes à destination de la Somalie un an après le renversement par des chefs de milices du président-dictateur Mohamed Siad Barre, qui a plongé le pays dans le chaos et la violence. Cet embargo a été modifié à plusieurs reprises, notamment en 2006 pour permettre l'envoi d'une force de paix africaine (Amisom) en appui au gouvernement provisoire et, l'année suivante, pour équiper et ravitailler ce contingent.
Les Chabaab, qui avaient en fait déclaré allégeance à Al -Qaida depuis de nombreuses années, ont quitté en aoât la capitale, Mogadiscio, face aux pressions de l'Amisom. Ils continuent toutefois à contrôler de larges secteurs du territoire somalien dans le Centre et le Sud tout en concédant du terrain en certains endroits sous les coups de butoir des contingents kényan et éthiopien déployés en Somalie.