Après les compagnies aériennes chinoises et américaines, c’est au tour de l’Européen Airbus de s’inquiéter des conséquences du dispositif européen en vigueur depuis le 1er janvier 2012 visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre. Toutes les compagnies aériennes desservant l'Europe doivent désormais acheter des «permis de polluer» dans le cadre d'un système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre conçu pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais la Chine a interdit à ses compagnies de prendre part à ce système, ce qui fait craindre à Airbus le déclenchement d’une guerre commerciale qui aurait des répercussions sur les ventes d'avions, voire sur la dette souveraine européenne pour laquelle les Européens ont sollicité le soutien de la Chine.
«Tout cela m'inquiète. Ce qui devait être une solution environnementale est devenu une source potentielle de conflit commercial et cela devrait être une inquiétude pour chacun d'entre nous», a déclaré Tom Enders, président exécutif d'Airbus, au salon aéronautique de Singapour.
La Chine est présentée comme un marché vital pour l'industrie aéronautique, Pékin coordonnant et centralisant les achats d'appareils par paquets de cent à des moments qui coïncident avec des séquences politiques ou diplomatiques. La République populaire a tendance à utiliser l'arme des commandes pour matérialiser son mécontentement. Elle a ainsi reporté l'année dernière la signature d'un contrat portant sur la vente de dix A380 pour quatre milliards de dollars pour témoigner de son opposition au système européen de quotas d'émissions de CO2.