Syrie: La CPI devrait être saisie, selon l'ONU

Mis à jour le 10.02.12 à 15h59

Les auteurs ou commanditaires de crimes contre l'humanité en Syrie doivent être poursuivis devant la Cour pénale internationale (CPI), a jugé ce vendredi le Haut Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies. "Nous pensons, et nous n'avons eu de cesse de le dire et nous continuerons à le répéter, que le cas de la Syrie relève de la Cour pénale internationale. Cela adresserait un message très très fort à ceux qui dirigent la manoeuvre", a déclaré Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay.

Cette dernière évoquera le cas de la Syrie lundi devant l'Assemblée générale de l'ONU à New York, a-t-il annoncé. "Je crois qu'ils envisagent d'adopter une résolution, mais j'en ignore le contenu", a dit Rupert Colville. Selon le dernier bilan fourni le 12 décembre par l'Onu, la répression par les forces de Bachar al-Assad du mouvement de contestation né en mars 2011 a fait au moins 5.000 morts. Les Nations unies ont cessé d'actualiser leur bilan en raison de l'impossibilité de fournir une estimation fiable à cause de l'intensité des violences.

Navi Pillay écoeurée par l'offensive de l'armée syrienne sur Homs

"Clairement, le nombre grimpe jour après jour, et la situation est vraiment assez désastreuse à Homs. Mais nous ne pouvons même pas fournir de chiffre approximatif et l'approuver", a souligné Rupert Colville. La Russie et la Chine ont suscité la réprobation des Etats-Unis, des pays de l'Union européenne et de nombreux Etats arabes en opposant samedi dernier leur veto à l'ONU à un projet de résolution du Conseil de sécurité de sortie de crise en Syrie.

Navi Pillay a réclamé mercredi une action urgente de la communauté internationale pour protéger les civils en Syrie, en se disant écoeurée par l'offensive de l'armée syrienne sur Homs. Une commission d'enquête de l'ONU a jugé en novembre que l'armée et les forces de sécurité syriennes s'étaient rendues coupables de crimes contre l'humanité, notamment meurtres, actes de torture et viols contre des civils. Dans un rapport rendu en aoât, une première commission d'enquête de l'ONU a établi une liste secrète de 50 suspects liés à des crimes présumés contre l'humanité.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a fait état vendredi d'une "augmentation massive" du nombre de blessés de guerre en Syrie, même si son antenne à Damas est incapable d'avancer le moindre chiffre. "Le fonctionnement des services de santé courants est aussi perturbé en raison du manque de sécurité, (...) le personnel ne peut se rendre dans les établissements de santé et de même les personnes malades ou blessées éprouvent des difficultés à se rendre dans les établissements de santé", a déclaré Fadela Chaïb, porte-parole de l'OMS.

Reuters
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