Grâce à Vladimir Poutine, la corruption est devenue "normale et civilisée" en Russie, estime son directeur de campagne dans une interview parue ce vendredi. "Poutine n'a rien inventé. La corruption existait sous la Russie tsariste", déclare le cinéaste Stanislav Govoroukhine, 75 ans, dans un entretien au quotidien Troud. "Dans les années 1990 (après la fin de l'URSS en 1991-NDLR), ce n'était plus de la corruption, c'était un vol scandaleux, un pillage au grand jour. Des milliards ont été volés, des usines, des secteurs entiers. Ils ont détruit et volé, mis la Russie à genoux."
"Aujourd'hui, nous sommes revenus à une corruption 'normale', 'civilisée' qui, hélas, existe aussi en Chine - même s'ils fusillent pour cela - en Italie et en Amérique", poursuit-il. Seule exception aux yeux du directeur de campagne, la période stalinienne. "Sous Staline, il n'y avait pas de corruption. Elle s'est épanouie dans les dernières années de l'Union soviétique."
L'ONG Transparency International classe la Russie au dernier rang des puissances du G20 en terme de lutte contre la corruption, et au 143e rang mondial. Président de 2000 à 2008 avant de laisser la place à Dmitri Medvedev après deux mandats consécutifs, Vladimir Poutine brigue à nouveau la présidence à l'occasion de l'élection du 4 mars.