Les militants bahreïnis qui s'étaient réunis voici presque un an sur le rond-point de la Perle, à Manama, espèrent relancer leur mouvement à l'occasion de son premier anniversaire en commençant par recréer leur campement à distance de la place emblématique. Le rond-point de la Perle, qui avait accueilli un mois durant le mouvement, réprimé en mars 2011, des militants pro-démocratie, a été reconstitué sur un terrain périphérique de la capitale, où le gouvernement a autorisé les rassemblements d'opposants.
Baptisé "Place de la Liberté", le site est depuis cette semaine le théâtre de rassemblements nocturnes ponctués de discours virulents et de chants annonciateurs de victoire ou hostiles au roi Hamad. Pour l'anniversaire de leur mouvement, le 14 février, les manifestants ont promis de marcher sur le vrai rond-point de la Perle, à présent interdit aux piétons et placé sous bonne garde des forces de l'ordre.
Le monument de la Perle qui trônait au centre a été rasé par les autorités après l'imposition de la loi martiale. Il est à présent devenu l'un des signes de ralliement des opposants, qui le peignent sur les murs ou en brandissent la reproduction lors de leurs rassemblements. Ces dernières semaines, les violences ont repris entre opposants et policiers. Des manifestants ont lancé des cocktails molotov et érigé des barricades de pneus enflammés.
Les opposants affirment que deux d'entre eux sont morts en détention, et que d'autres ont péri après avoir inhalé des gaz lacrymogènes. Les autorités contestent la raison de ces décès. Les autorités sunnites du royaume craignent la montée en puissance de l'opposition chiite, qui inquiète également les autres Etats sunnites du Golfe.
Ces derniers, appuyés par les Etats-Unis, redoutent notamment qu'une progression politique des chiites à Bahreïn ne fournisse à l'Iran une tête de pont dans le Golfe. Bahreïn abrite la cinquième flotte de la marine américaine, et est considéré par Washington et par l'Arabie saoudite comme un avant-poste face à l'Iran.