La direction du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a remis en question ce mercredi certaines dispositions de l'accord de réconciliation signé par le chef de leur bureau politique, Khaled Méchaal, et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, lundi au Qatar.
Ismail Haniyeh et Mahmoud al Zahar, deux hauts responsables du groupe parlementaire "Changement et Réforme", contestent la clause de l'accord par laquelle Abbas occuperait à la fois les fonctions de président et de Premier ministre dans un futur gouvernement palestinien. Cet accord de réconciliation en vue de former un gouvernement d'union et mettre fin à une brouille de plusieurs années provoquées par l'expulsion du Fatah de la bande de Gaza en juin 2007, après les élections remportées par le Hamas l'année précédente.
"Nous appelons les parties qui ont signé et celles qui soutiennent la réconciliation palestinienne à reconsidérer la question et à ne pas contourner le droit palestinien", écrit dans un communiqué le groupe parlementaire qui rappelle que le cumul des fonctions par Abbas serait illégal. Les observateurs signalent depuis longtemps l'existence d'un fossé profond entre les dirigeants du mouvement qui gèrent depuis cinq ans l'enclave côtière et Méchaal qui vit en exil à Damas.
Pour le Hamas, accepter Mahmoud Abbas comme chef du gouvernement constitue une source d'embarras dans la mesure où le Fatah a été battu lors des élections de juin 2006 dans ce territoire palestinien. Pour Khalil Chahine, analyste politique en Cisjordanie, les dirigeants du Hamas devraient essayer de résoudre leurs divisions internes en réorganisant le partage du pouvoir entre ceux qui vivent en exil et ceux qui se trouvent dans les territoires. "Si la dispute se poursuit, cela pourrait saper la mise en oeuvre de l'accord", juge-t-il.
De son côté, Abdallah Abdallah, député du Fatah, estime que l'accord de Doha ne contrevient à aucune clause du droit palestinien et que rien n'empêche Abbas de cumuler les fonctions de président et de chef du gouvernement. L'accord doit servir de base à l'organisation d'élections présidentielle et législatives probablement cette année et reconstruire la bande de Gaza après l'intervention militaire israélienne de fin 2008 et début 2009.