La Russie et la Chine ont perdu de leur crédit diplomatique dans le monde arabe en opposant leur veto au projet de résolution sur la Syrie présenté au Conseil de sécurité des Nations unies, a déclaré lundi au Caire le secrétaire général de la Ligue arabe.
Dans une interview à Reuters, Nabil Elarabi a dit craindre qu'après le rejet de ce texte samedi à l'Onu, les autorités syriennes ne pensent avoir les mains libres pour réprimer le mouvement de contestation qui a fait plus de 5.000 morts en près de onze mois. Il a toutefois souligné que la Ligue arabe continuerait à travailler avec Moscou et Pékin, ainsi qu'avec les autres membres du Conseil de sécurité, afin de mettre un terme aux affrontements en Syrie, où de nouveaux bombardements sur la ville rebelle de Homs ont fait 50 morts lundi, selon un bilan fourni par l'opposition.
Les groupes d'opposition syriens, qui ont toujours refusé jusqu'ici de prendre contact avec le gouvernement de Bachar al Assad malgré les appels de la Ligue arabe en ce sens, ont été «ramenés à la réalité» par le veto opposé par la Russie et la Chine au projet de résolution, a poursuivi Nabil Elarabi, interviewé au siège de la Ligue dans la capitale égyptienne. Ils ont vu que ce n'était pas le monde arabe qui bloquait des sanctions plus fermes contre le régime de Damas, mais bien les désaccords entre les grandes puissances.
«Malheureusement, les délégations russe et chinoise ont décidé au dernier moment d'opposer leur veto et je dois dire que cette question de l'utilisation du droit de veto, que ce soit par la Russie ou par un autre pays, est quelque chose d'inacceptable», a dit le chef de la Ligue arabe.