La justice militaire libyenne a entamé puis rapidement reporté la procédure judiciaire visant 41 personnes accusées d'avoir aidé l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi à organiser la répression contre les opposants à son régime, rapporte l'agence de presse LANA, dimanche. «La décision de report a été prise après l'audition des arguments de la défense qui faisait valoir que le tribunal militaire n'était pas l'instance compétente et qui réclamait que les affaires soient portées devant une juridiction civile», précise LANA sur son site internet.
Le procès, qui se déroule sur une base militaire de Benghazi dans l'est de la Libye, verra comparaître 41 hommes accusés de meurtres et de complicité d'évasions de prisonniers, selon le ministère public. Intisar al Agili, représentante du Conseil national de transition (CNT) à Benghazi, a indiqué à Reuters que le procès est reporté jusqu'au 15 février. «Le report est motivé par la demande des 15 avocats de la défense d'examiner les éléments de preuve et par la demande de certains accusés de choisir leurs propres avocats», a-t-elle ajouté.
La Libye est actuellement en désaccord avec la Cour pénale internationale à propos du sort de Saïf al Islam, l'un des fils de Kadhafi capturé par des miliciens en novembre. La justice libyenne entend juger elle-même Al Islam qui risque la peine capitale tandis que la cour de La Haye s'inquiète de la situation du prisonnier, accusé de crimes contre l'humanité. La CPI a demandé aux autorités libyennes des informations sur la santé physique et mentale de Saïf al Islam qui serait détenu en réclusion sans accès à ses avocats.