Syrie: Le bilan s'alourdit à 59 morts, Moscou reste inflexible

Mis à jour le 02.02.12 à 08h50

Les puissances occidentales et la Ligue arabe se heurtent à l'intransigeance de la Russie qui a prévenu qu'elle mettrait son veto à toute résolution de l'ONU pour mettre fin aux violences en Syrie qui ont fait mercredi au moins 59 morts. "Nous n'autoriserons aucun texte que nous considèrerons comme erroné et qui conduirait à une aggravation du conflit. Nous ne permettrons pas son adoption", a affirmé l'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, selon les agences de presse russes.

Cependant, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a dit mercredi avoir noté, "pour la première fois", l'attitude "moins négative de la Russie" au cours de la réunion la veille à New York du Conseil de sécurité, laissant entrevoir un espoir d'adopter une résolution soutenant le plan de sortie de crise de la Ligue arabe. Il a précisé qu'il y aurait "peut-être un vote dans le courant de la semaine prochaine" au Conseil de sécurité sur ce projet de résolution.

Choisir son camp entre celui du peuple syrien et celui d'une dictature brutale

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a elle appelé "chaque membre du Conseil de sécurité de l'ONU à choisir son camp" en Syrie, entre celui du "peuple syrien" et celui "d'une dictature brutale". Les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil de sécurité ont fait "quelques progrès" mercredi au cours d'une réunion de près de trois heures, ont indiqué des diplomates.

"Nous avons fait quelques progrès aujourd'hui", a déclaré à la presse l'amabassadeur britannique Mark Lyall Grant. "Il y a (au sein du Conseil) le désir d'obtenir un texte qui puisse être adopté dans les prochains jours", a-t-il estimé, ajoutant cependant: "nous n'en sommes pas encore là". A la réunion mardi, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont plaidé pour une adoption d'un texte qui reprend un plan arabe appelant au départ du président Bachar al-Assad et à des élections libres.

Au moins 400 morts en une semaine

Mais, en dépit de la recrudescence des violences qui ont fait au moins 400 morts en une semaine et des pressions qui s'intensifient sur Damas, le régime syrien, et son allié russe, restent sourds aux appels. Selon les analystes, la crise en Syrie s'est muée en conflit armé entre une "guérilla" forte de milliers de déserteurs et un régime déterminé à mater la révolte, éclipsant les images des manifestations pacifiques des premiers mois de la contestation.

D'après les militants, la campagne de répression est la plus violente depuis le début de la révolte en mars 2011. Au moins 59 personnes, dont 38 civils, sont mortes mercredi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Le bilan le plus lourd a été établi dans la province de Damas, avec 24 civils tués, dont une enfant de trois ans, par des tirs des forces de l'ordre.

Le ministre français Alain Juppé a dressé un bilan de la répression depuis le début de la crise. "6.000 morts aujourd'hui, selon l'Unicef 384 enfants massacrés par le régime, 15.000 prisonniers, 15.000 réfugiés", a-t-il dit. L'OSDH évalue se son côté à au moins 6.680 personnes, dont 4.755 civils, le nombre des morts depuis le début de la révolte en mars 2011.

© 2012 AFP
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