France Télécom vend Orange Suisse et engrange 1,6 milliard d'euros

Mis à jour le 26.12.11 à 08h25

France Télécom va engranger 1,6 milliard d'euros de la vente de sa filiale helvétique Orange Suisse, une de ses plus importantes cessions depuis plusieurs années, qui obéit à la volonté de l'opérateur de se séparer d'actifs non stratégiques.

Orange Suisse, détenu à 100% par France Télécom, doit être cédée au fonds d'investissement Apax Partners, qui a remporté la mise face à quatre autres candidats dont les identités n'ont pas été révélées.

Les noms du Français Xavier Niel, patron de Free, et du milliardaire et homme politique égyptien Naguib Sawiris, ex-patron d'Orascom, avaient été évoqués ces derniers mois parmi les repreneurs potentiels.

France Télécom-Orange et Apax ont trouvé un terrain d'entente sur la vente d'Orange Suisse pour "une valeur d'entreprise de 2 milliards de francs suisses (1,6 milliard d'euros)", selon un communiqué de l'opérateur français.

Cette cession, dont le projet avait été annoncé en juillet et le processus lancé en septembre, doit être encore avalisée par les autorités compétentes helvétiques et un conseil d'administration de France Télécom en début d'année prochaine, a précisé le groupe.

Elle représente le morceau de choix du programme de cession d'actifs de l'opérateur public, en quête de rationalisation de ses investissements européens.

Les autres cessions prévues concernent 35% du capital de l'autrichien One et 20% du portugais Sonaecom, et doivent représenter une centaine de millions d'euros, selon le groupe.

En revanche, France Télécom ne prévoit pas d'abandonner sa juteuse filiale belge Mobistar et pourrait au contraire vouloir se développer en Belgique en rachetant les parts des minoritaires de cette filiale.

Depuis l'échec de son rapprochement avec un autre opérateur suisse Sunrise en avril 2010, Orange Suisse (1.200 employés et 1,6 million de clients) était limité dans ses capacités de développement et n'était clairement plus une priorité pour sa maison mère française.

"Un prix attractif"

Numéro trois helvétique (après Swisscom et Sunrise), ses parts de marché "déclinaient depuis 2008 et l'opérateur n'avait pas la possibilité de devenir leader", a expliqué France Télécom.

Mi-décembre, France Télécom avait émis l'espoir de récupérer 1,5 à 2 milliard d'euros de cette cession. Le montant définitif se situe dans la fourchette basse mais, compte tenu des conditions de marché actuelles, le groupe se déclare satisfait.

"Ce prix est attractif et même légèrement au dessus des récentes opérations dans le secteur", a-t-il estimé samedi, soulignant qu'"il correspond à 6,5% fois l'Ebitda (excédent brut d'exploitation) estimé pour 2011".

Après l'Europe, l'opérateur français va s'atteler à une rationalisation de ses actifs au Moyen-Orient et en Afrique et doit annoncer prochainement ses projets de cession.

France Télécom, qui vient de dépenser 891 millions d'euros pour les fréquences basses de téléphonie mobile de quatrième génération (4G) en France, entend y concentrer une partie de ses efforts et notamment développer les offres convergentes (mobile+fixe+internet) ainsi que s'engager massivement dans la téléphonie mobile "low cost".

L'objectif du groupe, détenu à 26% par l'Etat, est également d'alléger le poids de son endettement (environ 30 milliards d'euros).

Le conseil d'administration prévu dans la semaine du 9 janvier décidera où affecter le produit de la cession d'Orange, a indiqué France Télécom. Le PDG Stéphane Richard avait promis fin mai qu'"en cas de vente d'actifs importante, la moitié sera rendue aux actionnaires".

Reuters
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