Le Premier ministre écossais Alex Salmond a exclu dimanche la tenue rapide d'un référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, renvoyant la consultation à la deuxième partie de la législature, à partir de la fin 2013.
Le Parti national écossais (SNP, indépendantiste) que dirige Salmond a remporté en mai dernier une victoire historique en décrochant la majorité absolue à l'assemblée régionale et le SNP s'est fixé comme objectif la tenue d'un référendum sur l'indépendance dans les cinq ans.
Loin de faire l'unanimité
Mais la perspective de l'indépendance est loin de faire l'unanimité parmi les cinq millions d'Ecossais et l'opposition du gouvernement central à Londres s'annonce forte. L'Ecosse, qui est déjà largement autonome au sein du Royaume-Uni, est liée à l'Angleterre depuis trois siècles et le traité d'union de 1707.
Selon un sondage effectué dans l'ensemble du Royaume-Uni et publié par l'édition dominicale de The Independent, 39% des Britanniques estiment que l'Ecosse devrait être indépendante, contre 38% qui pensent l'inverse. En Ecosse même, le soutien à l'indépendance atteint 49%, contre 37% d'opposants. En mai, le soutien à l'indépendance s'élevait, en Ecosse toujours, à seulement 29%.
«Fanfaronnades»
Tous les grands partis politiques britanniques, dont les conservateurs et leurs partenaires libéraux démocrates au pouvoir, sont opposés à l'éclatement de l'union. Le Premier ministre David Cameron a appelé dernièrement Alex Salmond à organiser rapidement un référendum, en l'accusant de créer une relation instable entre l'Ecosse et le reste du Royaume-Uni. Mais Salmond a écarté l'hypothèse.
«J'ai dit clairement que nous organiserions un référendum dans la seconde moitié de la législature», a-t-il déclaré sur Sky News. «C'est ce que nous avions dit que nous ferions, c'est que nous avons l'intention de faire, et les fanfaronnades du Premier ministre ne nous feront pas changer de point de vue.»