Liban: Suspecté du meurtre de Rafic Hariri, il nargue les autorités

Mis à jour le 21.08.11 à 15h38

Un Libanais soupçonné d'avoir trempé dans l'attentat contre l'ancien Premier ministre Rafic Hariri en février 2005 à Beyrouth affirme que les autorités connaissent ses coordonnées mais ne peuvent pas l'arrêter.

Le procureur du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), chargé de faire la lumière sur cette affaire, a inculpé en juin quatre membres du Hezbollah libanais.

Le Hezbollah, dont la branche politique est représentée au sein du gouvernement de coalition de Beyrouth, a nié tout rôle dans cet assassinat et accusé le TSL d'être un instrument à la solde des Etats-Unis et d'Israâl pour le discréditer.

Il a fait savoir qu'il n'autoriserait pas l'arrestation d'un quelconque de ses membres, «y compris dans les 300 ans à venir».

Début aoât, les autorités libanaises avaient informé le TSL qu'elles n'étaient pas en mesure de traquer les quatre suspects.

Dans un entretien à l'hebdomadaire américain Time, un homme affirmant faire partie du groupe des quatre suspects assure que ses coordonnées ne sont nullement un secret.

«Les autorités libanaises savent où je vis et si elles voulaient m'arrêter, elles l'auraient fait depuis longtemps. Elles ne peuvent tout simplement pas le faire», déclare-t-il.

L'homme ajoute qu'il est innocent de toutes les charges portées contre lui et qu'il peut apporter la preuve qu'il ne se trouvait pas dans le quartier au moment où s'est produit l'attentat.

«Je vais continuer à mener une vie ordinaire», dit-il en assurant qu'il ne se rendrait jamais à une juridiction «politisée».

Le Hezbollah a récusé l'interview de Time en affirmant qu'elle n'a jamais eu lieu. «L'information entre dans le cadre des inventions du TSL», a ajouté le parti chiite.

Le fils de Rafic Hariri, Saad Hariri, chef de l'opposition, a quant à lui estimé que l'interview montrait que l'actuel gouvernement d'union ainsi que les forces de sécurité et l'appareil judiciaire du Liban «sont de simples instruments dont la fonction principale est de protéger le Hezbollah (...) et de couvrir les violations et les abus commis par ce mouvement contre le Liban».

Reuters
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