Colombie: 23 employés d’une société pétrolière canadienne enlevés

Mis à jour le 08.03.11 à 08h18

Vingt-trois employés d'un sous-traitant de l'entreprise pétrolière canadienne Talisman ont été enlevés dans l'est de la Colombie, a déclaré lundi à la radio RCN le porte-parole de cette entreprise Tomas Rueda.

«Vingt-trois personnes travaillant pour l'un de nos sous-traitants ont été enlevées», a déclaré à cette radio Tomas Rueda. Le porte-parole a précisé que les employés étaient tous de nationalité colombienne, et pour la plupart originaires de la région. L'information a également été confirmée par le gouverneur du département de Vichada, où l'enlèvement est intervenu.

Les Farc ou une bande criminelle ?

«Trois hommes ont fait irruption dans le campement (où se trouvaient ces employés)», a déclaré le gouverneur Juan Carlos Avila à Radio Caracol. «Ils ont obligé les personnes à les accompagner» a-t-il dit en précisant que l'armée de l'air avait lancé des recherches dans cette région située non loin de la localité de Cumaribo, à quelque 600 kms à l'est de Bogota.

Selon ce responsable dans la région, où l'on cultive la feuille de coca, opère notamment le Front 16 de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), mais aussi des bandes criminelles. Selon Radio Caracol, une réunion de crise était en cours peu après 20h (1h GMT) au ministère de la Défense.

Une source proche de l'enquête a précisé à l'AFP que la piste des Farc était privilégiée et qu'il pourrait s'agir d'une mesure de «rétorsion» après une tentative d'extorsion de fonds infructueuse. Contactée par l'AFP une porte-parole de la présidence n'a pas souhaité commenter l'information, de même qu'au ministère de la Défense.

Premier enlèvement massif depuis août 2010

L'entreprise Talisman se consacre à l'extraction de pétrole notamment. Elle a récemment repris en Colombie les activités de British Petroleum (BP), en partenariat avec le groupe colombien Ecopetrol. Selon le gouverneur Avila, les travailleurs enlevés réalisaient des travaux d'exploration.

Il s'agit du premier enlèvement massif depuis que le président Juan Manuel Santos, ex-ministre de la Défense (2006-2009), a accédé à la présidence en août 2010. Le chef de l'Etat devrait en principe s'exprimer mardi sur cet enlèvement collectif. La guérilla des Farc, fondée en 1964 et active sur près de 50% du territoire colombien, compterait encore quelque 8.000 combattants selon des estimations officielles, et continue à recourir à l'enlèvement comme arme politique ou afin d'obtenir des rançons lui permettant de se financer.

Il avait récemment promis - après deux attaques qui avaient laissé un solde de huit morts - que leur destin était une «tombe» si la violence se poursuivait.

La Colombie compte aussi plusieurs bandes criminelles se consacrant au narcotrafic et en partie composées d'anciens paramilitaires, comptant entre 6.000 et 11.000 membres selon les estimations, et qualifiées par les autorités de défi majeur en termes de sécurité.

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