Taser: un collectif demande «vérité et justice» concernant le Malien décédé

Mis à jour le 29.12.10 à 13h51

Environ deux cents personnes se sont rassemblées mercredi à l'appel d'un collectif demandant «vérité» et «justice» au sujet de la mort du Malien qui avait notamment reçu deux décharges du pistolet à impulsions électriques Taser fin novembre, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'information judiciaire ouverte lundi contre X pour «homicide involontaire» est «une bonne nouvelle», s'est félicité ce collectif, baptisé «Vérité Justice pour Mahamadou Marega», rassemblé place Saint-Augustin à Paris (8ème arrondissement).

Les quelque 200 manifestants, en majorité originaires d'Afrique subsaharienne, devaient se rendre ensuite au ministère de la Justice. Le collectif souhaitait que la mère de la victime, Takiné Touré, soit reçue par le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, mais a finalement renoncé à se rendre place Beauvau.

Mahamadou Marega, mort à 38 ans, n'était «ni un délinquant, ni un voyou, ni un escroc, ni un malade mental, ni un forcené», a assuré le collectif, alors que Brice Hortefeux avait parlé d'«agressivité» et de «violence» du Malien vis-à-vis des policiers. La victime était en France de 1999 à 2009 «en situation régulière, mais son titre de séjour ne lui avait pas été renouvelé depuis un an», a précisé le collectif.

Ramata, membre du collectif et soeur de Lamine Dieng, mort lors d'une interpellation par la police en 2007, a dit «attendre des preuves concrètes de la justice, à laquelle elle aimerait faire confiance», dans l'enquête sur le décès de Mahamadou Marega. Selon le collectif, «on ne sait pas si le décès est dû au Taser, au gaz lacrymogène ou aux coups qu'il a reçus». Mahamadou Marega avait notamment reçu deux décharges du pistolet à impulsions électriques Taser lors de son interpellation à Colombes (Hauts-de-Seine).

Le parquet de Nanterre s'était montré très prudent en annonçant début décembre les conclusions provisoires de l'autopsie, affirmant que pour l'heure «aucune cause certaine, unique et absolue du décès» n'avait été identifiée.

© 2010 AFP
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