Laurent Fabius a appelé mercredi les forces de l'opposition syrienne à s'unir et a mis en garde contre une transition politique sans cadre institutionnel qui ferait planer le risque, selon lui, d'une évolution à l'irakienne du pays. Le ministre des Affaires étrangères français, qui recevait son homologue russe à Paris dans le cadre d'un conseil de coopération sur les questions de sécurité, a dit voir dans les comités révolutionnaires locaux une «préfiguration» de ce que pourrait être la «Syrie libre».
La France oriente une partie de son aide vers les zones gérées par les insurgés. «Nous souhaitons l'un comme l'autre qu'il y ait une union des forces de l'opposition», a dit Laurent Fabius lors d'une conférence de presse aux côté du Russe Sergueï Lavrov.
«On ne va pas trouver de solution dans laquelle Bachar al Assad reste au pouvoir, (...) il faut qu'il y ait un changement. Mais en même temps, il faut que les institutions puissent rester vivaces parce que sinon, le risque, c'est qu'on ait le même processus qu'en Irak», a-t-il ajouté, faisant référence au vide institutionnel qui a suivi la chute de Saddam Hussein.
À l'issue de leur entretien, les ministres des Affaires étrangères russe et français, qui devaient être reçus dans l'après-midi à l'Elysée par François Hollande, ont reconnu leurs divergences de vues sur les conditions d'une transition politique en Syrie.
«C'est le peuple syrien qui décidera du sort de Bachar al-Assad», a répété Sergueï Lavrov. Laurent Fabius a quant à lui réitéré la position de Paris, qui souhaite un départ du dirigeant syrien. «Oui, (il y a) une différence d'appréciation», a reconnu Laurent Fabius. «Mais sur la volonté que le conflit cesse (...) il y a des points de convergences.»