Le ministre du Travail, Michel Sapin, a estimé ce lundi qu'en termes de compétitivité, l'économie française, «convalescente», n'avait pas besoin de nouveaux «chocs» s'ajoutant aux «chocs», préférant un «travail méticuleux» pour aider les entreprises françaises dans la compétition internationale. Alors que l'ex-patron d'EADS, Louis Gallois, doit rendre le 5 novembre ses travaux au chef de l'Etat qui les lui a commandés, François Hollande et le gouvernement ont prévenu que le choc souhaité par les chefs d'entreprises, notamment en matière d'allègements de charges, n'aurait pas lieu.
«On est dans une économie fragile, qui retrouve une certaine stabilité du point de vue européen, qui est convalescente, il faut confirmer cela», a dit Michel Sapin, interrogé sur BFM Business. «Nous avons la nécessité de rétablir l'équilibre budgétaire des finances publiques (...), ce qui demande des efforts considérable (...), n'ajoutons pas les chocs aux chocs», a-t-il ajouté. «Plutôt que le choc, je préfèrerais qu'on parle d'un tissage, d'un travail méticuleux», a-t-il encore dit.
Il a toutefois reconnu que «les entreprises qui sont dans la compétition internatinale, y compris en terme de coûts salariaux, ont besoin d'une évolution, d'une aide». «Faisons-le, travaillons précisément, méticuleusement, pas avec des chocs, pas avec des grandes phrases», a-t-il dit. Il a réexpliqué que le gouvernement ne souhaitait pas une baisse du coût du travail qui consisterait à alléger massivement et immédiatement les cotisations sociales tout en augmentant d'autres impôts comme la TVA ou la CSG.
En ayant un impact négatif sur la consommation, cela pénaliserait les entreprises elles-mêmes, qui ont besoin «d'un marché, y compris d'un marché intérieur», a-t-il expliqué en substance. Les grands patrons français ont fait monter dimanche d'un cran supplémentaire la pression sur le dossier de la compétitivité en présentant leur propre version de ce que devrait être le «pacte» élaboré par le gouvernement pour relancer l'économie du pays. Ils réclament notamment que, dans le futur pacte, l'Etat s'engage à réaliser «60 milliards d'euros d'économies au cours des cinq prochaines années».