Un peu plus de 69.000 euros. C’est le montant total dépensé par des fans de Serge Gainsbourg pour une dizaine de lots ayant appartenu à l’artiste mis aux enchères ce jeudi après-midi à Nantes. Les pièces principales étaient deux manuscrits originaux cédés à 18.500 euros chacun: un brouillon préparatoire de «L’homme à la tête de chou» (1976,) et celui de «Un poison violent, c’est ça l’amour» (1967), chanson chantée durant le film Anna.
Une mallette –contenant un télégramme de Bambou, une invitation de Jack Lang, des factures, une American express coupée en deux ou une lette de sa femme de chambre Elisa– est également partie à 8.800 euros. Plus insolite, une liste de courses et de tâches ménagères adressée à cette même Elisa, mise à prix 200 euros, a été vendue 8.600 euros. D’autres objets, tels que des photos de Gainsbourg avec François Mitterrand ou Jane Birkin, ont aussi été particulièrement disputés.
«Des grands comme lui, il y en a peu par siècle»
Tous ces biens appartenaient à Serge Bouron, un Nantais ayant sympathisé avec l’artiste dans les années 1980. «Cette vente est à la hauteur du génie qu’il était. Je ne pensais pas que ça atteindrait de telles sommes», se réjouit le vendeur qui avoue céder ces originaux par «besoin d’argent.» «Gainsbourg, c’était un être unique, un talent incompris, renchérit Benoît, “fan complet”, venu d’Epinal (Vosges) spécialement pour acheter une photo et une note. Des grands comme lui, il y en a peu par siècle. Je vais régulièrement sur sa tombe au cimetière du Montparnasse en pensant à lui.»