Des représentants du gouvernement colombien et de la guérilla des Farc étaient attendus mercredi en Norvège pour donner formellement le coup d'envoi à des négociations visant à mettre fin à un conflit qui a fait des dizaines de milliers de victimes en un demi-siècle.
Après l'échec de trois tentatives en 30 ans, la dernière datant de 2002, les autorités et les rebelles marxistes doivent officiellement lancer le processus de paix jeudi dans un hôtel des environs d'Oslo avec l'«installation publique» de la table de dialogue et une conférence de presse.
Suite à des discussions exploratoires nouées il y a plusieurs mois à Cuba, pays garant du processus de paix avec la Norvège, les protagonistes devraient se retrouver mercredi à la mi-journée dans un lieu secret pour des contacts à huis clos, essentiellement pour aborder des questions logistiques. Par souci d'efficacité et de sécurité, ces pourparlers sont entourés d'une extrême discrétion, très peu de détails ayant filtré sur le programme des délégations.
«Nous partons avec de l'espoir et un optimisme modéré», a commenté mardi l'ancien vice-président Humberto De la Calle, chef de la délégation du gouvernement, en embarquant à bord d'un avion spécialement affrété à l'aéroport militaire de Bogota. «Nous ne voulons pas créer de fausses expectatives mais nous pensons qu'il y a des éléments de fond qui alimentent l'espoir de voir bientôt de bonnes nouvelles pour la Colombie», a-t-il ajouté.
La délégation des Forces armées révolutionnaires (Farc), dirigée par leur numéro deux Ivan Marquez, s'est envolée le même jour depuis La Havane à Cuba, où se trouvaient la plupart des émissaires de la rébellion. L'arrivée des négociateurs en Norvège a été émaillée de retards liés à des intempéries mais aussi aux contretemps rencontrés dans la levée des mandats d'arrêt internationaux à l'encontre des délégués des Farc.
C'est à Cuba que les parties devraient aborder le vif du sujet. Les chapitres discutés devraient alors être le développement rural, la participation à la vie politique des futurs mouvement issus de la rébellion, la fin définitive des hostilités, le trafic de drogue -source de financement des rebelles- et la situation des victimes.
La question d'un cessez-le-feu, rejetée par le président colombien Juan Manuel Santos avant un accord final, devrait aussi être mise sur la table par les Farc, plus ancienne rébellion d'Amérique latine.