Les autorités russes ont lancé mercredi une offensive judiciaire contre plusieurs opposants, dont Sergueï Oudaltsov, accusé de préparer des «troubles à grande échelle».
Les services d'enquête fédéraux, qui dépendent directement du président Vladimir Poutine, ont commencé une perquisition au domicile de cet opposant, facilement identifiable à son crâne rasé, son blouson noir et sa voix éraillée. Des perquisitions étaient aussi en cours chez certains de ses collaborateurs poursuivis pour les mêmes motifs. Si cette procédure pénale aboutit à une condamnation, les accusés risquent 10 ans de prison.
L'accusation se fonde sur des soupçons formulés dans un documentaire diffusé à la télévision russe, selon lequel Sergueï Oudaltsov a reçu de l'argent et des instructions de la part d'un allié du président géorgien Mikheïl Saakachvili pour fomenter des troubles en Russie. «Le département central du Comité d'enquête a ouvert une procédure pénale contre Sergueï Oudaltsov (...) au motif que (...) il préparait des troubles à grande échelle», affirment ces services d'enquête dans un communiqué.
Sergueï Oudaltsov dément ces accusations et l'opposition accuse le Kremlin de chercher à étouffer toute voix contestataire contre Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 12 ans soit en tant que chef de l'Etat soit en tant que Premier ministre. Le Comité d'enquête, dirigé par Alexandre Bastrikine, un proche du président, adresse en outre une mise en garde à l'ensemble des organisateurs de manifestations hostiles au pouvoir.
«A ceux qui pensent qu'ils peuvent en toute impunité organiser des émeutes, concevoir et préparer des attentats et d'autres actes menaçant la vie et la santé des citoyens russes, vous sous-estimez le professionnalisme des services spéciaux russes», est-il écrit dans le communiqué. Le Comité d'enquête a engagé des poursuites contre un autre opposant, Alexeï Navalni, accusé du vol de bois à une entreprise publique. Il encourt lui aussi dix ans de prison.
Pour le député d'opposition Dmitri Goudkov, qui a participé à des manifestations contre Vladimir Poutine avec Sergueï Oudaltsov, le pouvoir est en train de tester les réactions de la population pour savoir jusqu'où aller dans la répression. «Ils vont prendre la température de la société. La répression va se poursuivre», a-t-il dit, cité par Interfax.