La Journée mondiale du refus de la misère, célébrée mercredi, vise cette année à «interpeller la société pour demander la reconnaissance de la violence faite aux plus pauvres», selon l'association ATD Quart Monde, qui organise cette journée. «La misère est violence. Refusons-là»: ce thème a été choisi par l'ONU «pour mettre en évidence le fait que les plus pauvres subissent en permanence des violences», a expliqué à l'AFP Pierre-Yves Madignier, le président d'ATD Quart Monde.
Selon les derniers chiffres de l'Insee, le taux de pauvreté atteint 14,1% en 2010, son plus haut niveau depuis 1997. En 2010, 8,6 millions de personnes vivaient en dessous du seuil de pauvreté monétaire (964 euros par mois), la moitié d'entre elles vivant avec moins de 781 euros par mois. Et selon le rapport annuel de médecins du Monde (MdM), rendu public mardi, l'accès aux soins pour les plus démunis s'est détérioré en 2011.
«Les personnes les plus pauvres font l'objet d'une véritable discrimination à cause de leur origine sociale», fait valoir ATD. ATD Quart Monde milite notamment pour «indexer les minima sociaux sur l'évolution du coût de la vie», proposer des complémentaires santé qui «prennent en compte les besoins réels à un prix abordable» ou favoriser les médiations pour éviter autant que possible les placements d'enfants.
Des événements seront prévus mercredi dans toute la France ainsi que dans le monde, à l'ONU, à New York, à Bruxelles et à Dublin. A Paris, une marche sera organisée de la Pitié Salpêtrière jusqu'au Trocadéro, sur le Parvis des Droits de l'Homme. «Pour la CGT, les situations de pauvreté ne sont en rien la conséquence d'une fatalité mais résultent de choix politiques, économiques et sociaux, bien identifiés», a indiqué mardi dans un communiqué le syndicat, qui participera à la Journée mondiale.