La grève des internes prévue mercredi s'accompagnera de rassemblements à Paris et en province mais ne devrait pas avoir d'impact sur l'organisation des soins, ont indiqué mardi les syndicats à l'origine du mouvement, qui ont lancé des mots d'ordre différents.
«La mobilisation devrait être assez importante dans les grandes villes comme Paris, Lyon et Marseille et en régions notamment à Nice, Saint-Etienne, Poitiers. Pas mal de villes ont voté la grève mais chacune décide de la forme de la mobilisation», a indiqué à l'AFP Emanuel Loeb, président de l'Isnih, principal syndicat d'internes. Toutefois, l'impact de cette grève sur l'organisation des soins devrait être limité puisque le préavis de grève a été déposé suffisamment tôt pour que «la permanence des soins puisse s'organiser» dans les établissements, a-t-il précisé.
A Paris, un rassemblement est prévu à 14h30 devant le ministère de la Santé, où les internes remettront une lettre adressée à la ministre Marisol Touraine. L'Isnih avait lancé la semaine dernière un appel à la grève pour faire pression sur les négociations en cours sur les dépassements d'honoraires qui doivent s'achever mercredi et auxquelles il assiste en tant qu'observateur. Son mot d'ordre: «Préserver la qualité des soins pour les patients».
«Nous souhaitons une revalorisation des tarifs opposables (tarifs Sécu) pour soutenir l'innovation médicale», a indiqué Emanuel Loeb. Le syndicat défend également la liberté d'installation pour les médecins de secteur 2 (honoraires libres), menacée selon lui. L'Isnih a été rejoint par l'ISNCCA (chefs de cliniques). Un autre syndicat, le SNJMG (jeunes généralistes), représentatif seulement pour les internes d'Ile-de-France, s'est désolidarisé du mouvement qui «défend seulement une catégorie de médecins privilégiés», selon son président, Alexandre Husson.
Le SNJMG a toutefois lancé aussi un appel «symbolique» à la grève, jugeant que les solutions proposées pour limiter les dépassements d'honoraires reviennent «à faire financer les dépassements par l'assurance maladie». Estimant que «les médecins devront faire face à de plus en plus de contraintes», le syndicat national des ophtalmologistes de France (SNOF) a apporté son soutien au mouvement, afin de traduire «la solidarité des médecins libéraux avec les internes».