Le parquet égyptien a ordonné l'ouverture d'une enquête sur l'origine des violences qui ont éclaté vendredi entre des manifestants islamistes et libéraux, ainsi que sur le rôle joué par des responsables des Frères musulmans, a annoncé l'agence officielle Mena.
Le procureur général Abdel Maguid Mahmoud a demandé aux services de renseignement et au ministère de l'Intérieur d'enquêter sur l'origine des violences qui ont fait au moins 147 blessés, a précisé Mena.
De violents incidents se sont produits au Caire lors d'une manifestation de protestation contre l'acquittement de plusieurs responsables de l'ancien régime, poursuivis pour avoir ordonné une charge de dromadaires contre les révolutionnaires de la place Tahrir début 2011.
Des plaintes contre des hauts responsables des Frères musulmans
Les affrontements ont opposé partisans et adversaires du président islamiste Mohamed Morsi, qui manifestaient ensemble contre l'issue du procès et se sont affrontés à coups de pierres, de bouteilles et de cocktails Molotov.
Les manifestants libéraux ont accusé les partisans des Frères musulmans de les avoir attaqués pour étouffer les protestations contre Mohamed Morsi, ce que dément la confrérie.
Le parquet général a reçu 53 plaintes accusant plusieurs hauts responsables des Frères musulmans, tels Essam el Erian et Mohamed Beltagy, ainsi que le prédicateur musulman Safouat Hegazi, d'avoir ordonné à leurs partisans de faire usage de la violence contre des manifestants pacifiques, a dit Mena.
L'avocat de la confrérie, Abdel Moneim Abdel Maksoud, a estimé que les accusations étaient «calomnieuses» et qu'elles «manquaient de preuves». Il a ajouté que les membres des Frères musulmans blessés vendredi porteraient plainte à leur tour contre les forces de sécurité civiles.
Trois personnes écrouées
Les premières conclusions de l'enquête montrent l'utilisation de grenaille, selon Mena, qui précise que les manifestants ont aussi été insultés, volés et agressés sexuellement.
Trois personnes soupçonnées d'avoir incendié des véhicules pendant les affrontements ont par ailleurs été écrouées.
La tension montre entre le parquet et la présidence égyptienne depuis que Mohamed Morsi a tenté de révoquer le procureur général en le nommant ambassadeur auprès du Saint-Siège la semaine dernière, mutation aussitôt refusée par l'intéressé.