La Tunisie laxiste avec les attaques contre les laïques

Mis à jour le 15.10.12 à 19h37

La Tunisie ne poursuit pas suffisamment les agressions contre des laïques commises par des extrémistes islamistes, accuse ce lundi l'ONG Human Rights Watch. On a recensé une douzaine d'aggressions par des groupes salafistes contre des partisans d'un Etat laïque depuis dix mois. Parmi les victimes figurent le journaliste Ziad Krichan et le poète Aouled Ahmed, roués de coups pour avoir publiquement critiqué l'islamisme radical.

Des salafistes ont été arrêtés après un certain nombre d'attaques, mais remis rapidement en liberté sans inculpation. «Les aggresseurs ont attaqué des gens, apparemment pour leurs idées, leur façon de s'habiller ou leurs activités», déclare Joe Stork, directeur adjoint de HRW pour l'Afrique du Nord et le Proche-Orient.

Vidéo du président

«L'échec des autorités tunisiennes à enquêter sur ces attaques renforce l'impunité des extrémistes religieux et peut les encourager à être plus violents», ajoute-t-il. Le camp laïque s'est ému la semaine dernière des déclarations faites par le chef de file d'Ennahda lors d'une rencontre secrète en avril dernier avec des salafistes, estimant que le parti islamiste au pouvoir n'était pas la formation modérée qu'il prétend être.

Dans une vidéo mise en ligne sur internet, Rached Ghannouchi évoque avec ses interlocuteurs les secteurs de l'appareil d'Etat tombés entre les mains des islamistes et explique aux salafistes la manière dont ils pourraient étendre leur influence dans le pays. Les trois partis de la coalition au pouvoir, qui rassemble Ennahda et deux formations classées à gauche, ont annoncé dimanche s'être mis d'accord sur l'organisation d'élections présidentielle et législatives le 23 juin 2013.

>> Le reportage de 20 Minutes en Tunisie, un an après le Printemps arabe, à lire ici

Reuters
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